17 octobre 2012

La fleur de mon secret (1995) de Pedro Almodóvar

Titre original : « La flor de mi secreto »

La fleur de mon secretAuteur de romans roses à succès sous un pseudonyme, Leo est en crise depuis que son mari, un officier de l’armée, s’éloigne d’elle… La première scène de La fleur de mon secret donne le ton : nous baignons dans le faux-semblant, le mensonge. Chaque personnage a quelque chose à cacher et, en même temps, peine à exprimer ses désirs, ses buts. La mise en scène d’Almodovar est assez brillante avec une large utilisation des couleurs vives. Les images sont fragmentées par des reflets, des vitres, des miroirs. L’humour ou le saugrenu survient au moment où on l’attend le moins. Tout cela ne l’empêche d’avoir un regard très aiguisé et de brosser tous ces portraits de femmes avec beaucoup de justesse, sans provocation. La mère de Leo est impirée de la mère du réalisateur. La fleur de mon secret fait partie des films les moins connus d’Almodovar. Assez injustement.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Marisa Paredes, Juan Echanove, Carme Elias, Rossy de Palma
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3 octobre 2012

Porco Rosso (1992) de Hayao Miyazaki

Titre original : « Kurenai no buta »

Porco RossoAncien pilote de la guerre 14-18, Porco est devenu chasseur de primes et combat les pirates dans l’Adriatique à bord de son hydravion entièrement peint de rouge. Noble au grand cœur, il a le visage d’un cochon, à la suite, pense-t-on d’un sort qui lui a été jeté. Pendant ce temps, le fascisme s’installe… C’est avec Porco Rosso que l’on a découvert Hayao Miyazaki en Europe et ce fut un véritable choc. Ce film présentait en effet un niveau de qualité que l’on n’avait jamais vu dans un dessin animé. La beauté des images, la simplicité et la pureté du graphisme, le soin apporté dans les décors jusque dans les petits détails, le naturel des personnages, le découpage très cinématographique, la profondeur de l’histoire, sa dimension romantique, tous ces éléments concourent à donner cette impression de perfection et d’être en présence d’un véritable créateur. Passionné d’aviation et de Saint-Exupéry, Hayao Miyazaki a écrit lui-même cette histoire empreinte d’une grande noblesse de caractère où pointent une certaine nostalgie et une indéniable poésie. Même si Miyazaki nous a depuis offert de grands films, Porco Rosso reste parmi ses tous meilleurs.
Elle: 4 étoiles
Lui : 5 étoiles

Acteurs: Shûichirô Moriyama, Tokiko Katô, Sanshi Katsura
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Remarques :
* Porco Rosso était au départ un projet de moyen métrage (45 minutes) prévu pour être diffusé dans les avions de la Japan Airlines qui a produit le film.
* Un comic-book en 4 volumes reprenant le découpage exact du film a été publié au Japon (Tokuma Shoten Publishing, 1992) ; il a été traduit et édité en France (Glénat, 1995).
* Présenté et primé au Festival d’Annecy en 1993, le film n’est sorti en France qu’en juin 1995. C’est Jean Reno qui prête sa voix à Porco Rosso dans la version française. Le film n’a pas connu immédiatement le succès en France, les critiques restant souvent méfiants.

17 juin 2010

Homicide (1991) de David Mamet

HomicideLui :
Alors que deux policiers détectives traquent un tueur en fuite, ils se trouvent en chemin sur les lieux d’un crime qui vient de se produire, une vieille dame assassinée dans son magasin. L’un deux se voit forcé d’enquêter sur cette affaire qui va se révéler être plus ténébreuse qu’il ne le croyait. Le troisième film de David Mamet est un film qui trompe son monde, il est lui aussi bien plus complexe qu’attendu : alors qu’il démarre comme un film policier, il se transforme rapidement en introspection de son personnage principal, un questionnement sur ses racines. A l’image du titre (« Homicide » peut être pris dans son sens premier mais aussi dans le sens « home-icide », tueur de racines), tout le film est à double lecture : on peut y voir un simple film sur le racisme anti-juif à l’intérieur de la police newyorkaise mais c’est aussi un film sur la recherche d’identité, les angoisses et les fantasmes qui virent à la paranoïa. David Mamet nous lance sur beaucoup de pistes (un peu à la manière de David Lynch) mais la tromperie est un élément-clef de son cinéma d’alors et l’on n’aura pas toutes réponses, loin de là. La fin est en tout cas très sombre et effroyablement pessimiste. Comme toujours chez David Mamet, les dialogues ont un rôle de tout premier plan, à la fois très réalistes et écrits avec beaucoup de rythme et de soin. Homicide est un film qui peut dérouter mais démontre les grandes qualités d’un réalisateur qui évoluera ensuite sur un terrain un peu différent.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Joe Mantegna, William H. Macy, Natalia Nogulich, Rebecca Pidgeon, Ving Rhames
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17 mai 2010

Little Odessa (1994) de James Gray

Little OdessaElle :
Un premier film d’une grande maturité pour le jeune réalisateur de 25 ans qu’est James Gray en 1994. Un film d’une grande intensité visuelle, dramatique et sensorielle. Le côté polar n’est qu’un des aspects du film; il permet de naviguer dans le sombre Brooklyn de la mafia russe et d’analyser les relations familiales complexes qui unissent les personnages de cette famille au bord de la destruction. En ce sens, le film est âpre, sépulcral, émouvant aussi car les personnages retrouvent de temps à autre des éclairs d’humanité bien qu’ils courent à leur perte. La mort rôde dans chaque plan. Le format cinémascope met en relief la grande beauté des espaces enneigés et désolés de New-York, la solitude des personnages, les rues dans la pénombre. Chaque plan est une magnifique photo.
Note : 5 étoiles

Lui :
A 25 ans, James Gray réalise un premier film vraiment étonnant qui mêle habilement plusieurs genres. A un simple thriller, un tueur à gages forcé de revenir dans son quartier natal pour un contrat, il donne une profondeur remarquable en montrant les relations complexes qu’il entretient avec sa famille. Rancoeurs, haine, connivence, amour, tous les sentiments semblent être réunis au sein de cette famille écartelée. James Grays fait preuve d’une grande maitrise dans tous les aspects de la réalisation de Little Odessa, le plus enthousiasmant étant probablement la qualité graphique de ses plans et sa façon d’utiliser merveilleusement le format large de l’image cinéma. Le montage est assez doux, malgré le thème assez sombre, utilisant des plans assez longs mais jamais avec excès. Le cinéma de James Gray possède également une force, amplifiée par un beau jeu d’acteurs : ce n’est guère étonnant de Vanessa Redgrave mais cela l’est plus de Tim Roth ou Edward Furlong qui sont des acteurs dont le jeu est généralement plus inégal. Little Odessa forme un ensemble complet, complexe et parfaitement maitrisé.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Tim Roth, Edward Furlong, Vanessa Redgrave, Maximilian Schell, Moira Kelly
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25 janvier 2010

J.F. partagerait appartement (1992) de Barbet Schroeder

Titre original : « Single white female »

J.F. partagerait appartementLui :
JF partagerait appartement, c’est la petite annonce que passe la jeune new-yorkaise Allison (Bridget Fonda) après avoir rompu avec son petit ami. Elle choisit Hedy (Jennifer Jason Leigh) qui va lier des liens étroits mais un peu étranges avec elle. Ce film de Barbet Shroeder est un thriller, l’aspect psychologie des personnages reste à un niveau simple, le réalisateur s’appliquant surtout à créer un climat qui s’alourdit peu à peu, très progressivement. Sur ce plan, son film est très réussi, tout comme l’utilisation des décors : c’est un superbe building de New York, The Ansonia, qui a servi au tournage (les plans extérieurs sont toutefois très peu nombreux, hélas). En revanche, JF partagerait appartement est globalement assez conventionnel sur le plan du scénario, un peu racoleur parfois avec ses côtés gentiment sexy. Un film qui se laisse regarder sans déplaisir mais qui s’oublie vite (sauf, probablement, pour ceux qui cherchent un ou une co-locataire…)
Note : 2 étoiles

Acteurs: Bridget Fonda, Jennifer Jason Leigh, Steven Weber, Peter Friedman, Stephen Tobolowsky
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Remarque :
Ce film a eu une suite : J.F. partagerait appartement 2 (Single White Female 2: The Psycho) de Keith Samples (2005) avec Kristen Miller et Allison Lange, film qui n’est habituellement guère estimé par ceux qui l’ont vu.

25 octobre 2009

Marion (1997) de Manuel Poirier

MarionElle :
Manuel Poirier n’a pas son pareil pour peindre la vie provinciale avec beaucoup de naturel et d’authenticité. II filme avec tendresse le quotidien difficile des gens simples. Cette peinture sociale dégage de la fraîcheur, de l’amour et de la gravité. Le film reflète bien le décalage entre ce couple de parisiens prêt à tout pour avoir un enfant et ce couple désargenté qui peine à faire vivre ses quatre enfants. La tentation de l’argent et de la vie plus facile est forte face à au chantage affectif qu’Audrey est prête à faire pour combler ses frustrations maternelles. L’emprise que cette femme met peu à peu sur cette famille unie est glaçante.
Note : 4 étoiles

Lui :
Marion est une jeune fille de dix ans dont les parents viennent de s’installer dans un petit village de Normandie. Ils font la connaissance d’un couple de parisiens aisés sans enfants dont la femme se prend d’affection très forte pour Marion. Le film de Manuel Poirier est une chronique sociale qui réussit à bien saisir la réalité de vie à la campagne, sans l’enjoliver et sans l’encombrer de stéréotypes. C’est avec une certaine délicatesse qu’il montre le décalage entre ses habitants et les urbains qui viennent passer le week-end, décalage accentué par les niveaux de vie fort différents. Marion est bien plus réussi que son précédent film A la Campagne. Cette fois, il trouve le ton juste…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Marie-France Pisier, Coralie Tetard, Pierre Berriau, Elisabeth Commelin, Jean-Luc Bideau, Sergi López
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30 août 2009

Mes doubles, ma femme et moi (1996) de Harold Ramis

Titre original : « Multiplicity »

Mes doubles, ma femme et moiElle :
(pas vu)

Lui :
Chef de chantier dans une entreprise de construction, Doug n’a pas assez de temps pour remplir toutes ses obligations professionnelles et familiales. Un mystérieux scientifique lui propose de créer un clone de lui-même qui ira travailler à sa place… Ce scénario constitue certes une bonne base pour une comédie mais le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. Visiblement tout l’effort a été mis sur les effets spéciaux qui permettent d’avoir Michael Keaton plusieurs fois sur la même image au détriment des personnages eux-mêmes. Tous les seconds rôles semblent bâclés, y compris celui tenu par Andie McDowell et Mes doubles, ma femme et moi se révèle être plutôt un one-man-show de Michael Keaton. le film offre de bons moments mais semble globalement trop retenu pour être vraiment amusant.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Michael Keaton, Andie MacDowell
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18 juillet 2009

Super Speedway (1997) de Stephen Low

Super SpeedwayElle :
(pas vu)

Lui :
Super Speedway est un documentaire scénarisé qui nous fait suivre la création et la mise au point d’une nouvelle formule un de l’écurie Andretti. Parallèlement, nous assistons à la restauration d’un ancien bolide dans une ferme. Prévu pour être diffusé dans les salles IMAX, le film est techniquement parfait. Le contenu est très artificiel, particulièrement mal joué, mais l’intérêt pour nous est d’assister aux différentes étapes de la conception d’un prototype avec ses différents bancs d’essais. Le clou de Super Speedway, ce sont bien entendu les scènes sur circuit, avec des images de camera embarquée vraiment saisissantes. Le son n’est pas en reste, passer sous un pont à plus de 300 km/h crée un effet de souffle qui ne s’oublie pas… Certaines images ont même été tournées pendant des courses réelles d’Indy Car (et ce malgré la taille assez énorme des caméras IMAX). Mario Andretti et Michael Andretti jouent leurs propres rôles et sont aux commandes des bolides. D’une durée de 50 minutes, Super Speedway est un film destiné à être spectaculaire et il l’est.
Note : 3 étoiles

Acteurs: (voix) Paul Newman
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20 février 2009

New Rose Hotel (1998) de Abel Ferrara

New Rose HotelElle :
(pas vu)

Lui :
Basée sur une nouvelle de l’écrivain de science-fiction William Gibson (l’auteur qui révolutionna le genre avec son livre Le Neuromancien), l’histoire de New Rose Hotel nous plonge dans une affaire d’espionnage industriel, avec un chercheur brillant que l’on cherche à attirer pour le compte d’un grand groupe. Mais peu importe tout cela car visiblement ce n’est l’histoire, somme toute assez banale, qui a intéressé Abel Ferrara : il semble ne s’en servir que comme prétexte et New Rose Hotel se situe plus au niveau des sensations, de l’atmosphère, avec une certaine recherche sur le plaisir et aussi sur l’amour. L’ensemble reste hélas un peu ennuyeux, avec une verbosité un peu trop marquée et une certaine intellectualisation guère passionnante (du moins à mes yeux). La fin semble particulièrement interminable… Christopher Walker fait une belle prestation, dans un registre qui lui est toutefois assez familier.
Note : 2 étoiles

Acteurs: Christopher Walken, Willem Dafoe, Asia Argento, Annabella Sciorra
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1 janvier 2009

Une journée en enfer (1995) de John McTiernan

Titre original : « Die Hard: with a vengeance »

Une journée en enferElle :
(pas vu)

Lui :
Dans ce troisième volet de la série des Die Hard, l’agent John McClane se retrouve face à un commando passablement préparé et efficace en plein New York. Une journée en Enfer est bien mieux réussi que l’épisode précédent car nous retrouvons avec plaisir un jeu du chat et de la souris très développé avec un adversaire particulièrement intelligent et diabolique, personnifié par un Jeremy Irons dur et implacable. Le film a même un petit côté jeu d’aventures avec un jeu de pistes dans les rues de New York agrémenté de petites épreuves de logique… Le rythme est globalement plus rapide. Le scénario ménage bien les effets de surprise. Une journée en enfer est un bon divertissement.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Bruce Willis, Jeremy Irons, Samuel L. Jackson, Graham Greene
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