31 décembre 2008

Dead Man (1995) de Jim Jarmusch

Le FleuveElle :
(pas vu)

Lui :
A la fin du XIXe siècle, le jeune citadin William Blake traverse les Etats-Unis pour aller prendre un poste de comptable dans le fin fond du Far West. Peu après son arrivée, il va se retrouver accusé de meurtre. Malgré la balle qu’il a reçue, il prend la fuite et un indien errant débonnaire le prend sous sa protection. Western totalement atypique, Dead Man est une course poursuite sous forme de déambulation lente dans un environnement naturel à la frontière de l’onirique. C’est en fait surtout le lent voyage du monde des vivants vers la mort, un voyage que Jarmusch a voulu poétique, il met dans la bouche de l’indien Nobody des phrases du poète anglais William Blake (1757-1827) ; il l’a aussi voulu esthétique : tourné en noir et blanc, Dead Man comporte des plans de toute beauté. Il en découle une atmosphère très forte, une ambiance shamanique amplifiée par la lenteur envoûtante et les notes tranchantes de Neil Young, à la seule guitare électrique saturée, qui semblent parfois déchirer l’espace. Dead Man n’est sans doute pas un film très profond mais il faut accepter de se laisser happer par son atmosphère envoûtante.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen
Voir la fiche du film et la filmographie de Jim Jarmusch sur le site IMDB.

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3 commentaires sur « Dead Man (1995) de Jim Jarmusch »

  1. Si, Deadman est un film très profond – c’est pour cela qu’il distille une atmosphère envoûtante – comme tous les Jarmusch d’ailleurs, si l’on sait voir sous la surface du noir et blanc.

    On ne met pas des citations de William Blake dans la bouche de l’Indien si cela ne renvoie pas à des profondeurs métaphysiques. Et il y a même « des plans de toute beauté », en plus.

    Vous faites un peu la fine bouche, non ?

  2. Je ne crois pas non plus que ce soit un film très profond, il a même quelque chose de bouffon ou en tout cas de désinvolte et la lourdeur des thèmes (la mort, déjà) et des références littéraires et philosophiques est tellement exagérée que ça ne peut que renforcer cette impression à mon sens. Je le rattache à une tradition de la bande dessinée de Western fantastique avec « Le loup qui rit » (Vandersteen), Les Ogres (David B/Christophe Blain) et Chiquito La Muerte (Capron/Micol)
    Très beau en tout cas.

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