8 avril 2006

Le dernier tournant (1939) de Pierre Chenal

Le   dernier tournant Elle :
Film d’une grande intensité dans la noirceur des personnages et de leurs desseins. Le trio mari, femme, amant fonctionne bien. Michel Simon en mari naïf est convaincant. On peut cependant éprouver un certain détachement vis-à-vis du couple machiavélique tant la perversité de leurs projets est grande.
Note : 3 étoiles

Lui :
Le dernier tournant est la toute première adaptation du roman de James Cain “Le facteur sonne toujours deux fois”, roman qui a été porté six fois à l’écran! Des personnages de cette version française émane la même force, la même intensité dans le dramatique que l’on trouvera dans les versions suivantes, voire même plus. Michel Simon joue sobrement, il est particulièrement convaincant, et les deux autres personnages sont tout aussi forts. Un beau film, peu connu.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Fernand Gravey, Michel Simon, Marcel Vallée, Florence Marly
Voir la fiche du film et la filmographie de Pierre Chenal sur le site IMDB.

Le roman de James Cain a été porté 4 fois à l’écran :
Le dernier tournant de Pierre Chenal (1939) avce Michel Simon et Fernand Gravey
Ossessione (Les amants diaboliques) de Visconti en 1943.
The postman always ring twice (Le facteur sonne toujours deux fois) célèbre film noir de Tay Garnett (1946) avec le couple Lana Turner / John Garfield,
The postman always ring twice (Le facteur sonne toujours deux fois) de Bob Rafelson en 1981, version plus racoleuse avec Jessica Lange et Jack Nicholson.

A noter également une version hongroise en 1998 : « Szenvedély » de György Fehér, et une version malaise : « Buai laju-laju » (« Swing My Swing High, My Darling ») de U-Wei Haji Saari en 2004.
En outre, Chair de Poule de Julien Duvivier (1963) avec Robert Hossein et Catherine Rouvel présente de grandes analogies avec le roman de James Cain.

1 avril 2006

Le Schpountz (1938) de Marcel Pagnol

Le Schpountz Elle :
Talentueux et irrésistible duo d’acteurs que sont Fernandel et Fernand Charpin ! Marcel Pagnol se livre à une peinture acerbe du milieu du cinéma rongé par ses bassesses et intrigues. Irénée (Fernandel), un brave type naïf de Marseille qu veut devenir acteur est victime d’un canular tendu par une équipe de cinéma peu scrupuleuse. Malgré quelques longueurs, on passe un bon moment.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sans être à la hauteur des meilleurs Pagnol, Le Schpountz permet de voir un Fernandel assez exceptionnel et des scènes bien pittoresques de “pagnolade” avec un Fernand Charpin assez en forme lui aussi. Les autres acteurs sont nettement un ton en dessous et l’ensemble est un peu décousu, Pagnol oscillant entre la comédie franche et les réflexions sur le monde du cinéma, sur la fonction du comique, réflexions intéressantes mais bien mal amenées. L’ensemble reste néanmoins très plaisant 65 ans après sa sortie, comportant même quelques scènes d’anthologie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Fernandel, Orane Demazis, Fernand Charpin
Voir la fiche du film et la filmographie de Marcel Pagnol sur le site imdb.com.
Note : ce film a eu un remake en 1999 réalisé par Gérard Oury.

Voir les autres films de Marcel Pagnol chroniqués sur ce blog…

9 mars 2006

Mon homme Godfrey (1936) de Gregory La Cava

Titre original : « My Man Godfrey »

Mon   homme Godfrey Elle :
(pas vu)

Lui :
Gregory La Cava est un cinéaste bien peu connu aujourd’hui alors que ses comédies sont parfois comparées à celle de Capra ; ses films sont pratiquement oubliés alors que certains ont été d’immenses succès à leur époque. Et c’est le cas pour My Man Godfrey qui s’inscrit parfaitement dans le genre des « screwball comedies » des années trente, c’est-à-dire ces films où la dérision se nourrit d’un certain illogisme et où l’on retrouve souvent l’opposition sociale entre des riches oisifs et inconséquents et des pauvres plein de bon sens et de clairvoyance. La riche famille montrée ici par Gregory La Cava est franchement excentrique et même hystérique : une vraie maison de fous. Sur fond d’humanisme, la comédie est constamment présente et, si le genre a tout de même quelque peu vieilli, Mon homme Godfrey conserve un charme certain et reste amusant. Superbe prestation de William Powell.
Note : 3 étoiles

Acteurs: William Powell, Carole Lombard, Gail Patrick, Alice Brady, Eugene Pallette
Voir la fiche du film et la filmographie de Gregory La Cava sur le site IMDB.

9 janvier 2006

San Francisco (1936) de W.S. Van Dyke

San Francisco Elle :
Le jour de l’an 1906 à San Francisco, c’est la fête dans les rues et les cabarets. Une jeune chanteuse joue son avenir entre Blackie, un patron de bastringue un peu rustre et un directeur d’opéra ennuyeux. Clark Gable incarne avec talent comme souvent le mauvais garçon qui se repent après ses mauvais coups. Cette partie du film est assez bien menée malgré quelques longueurs notamment pendant de longs intermèdes chantés. Le clou du film est le célèbre tremblement de terre de San Francisco qui dure 20 minutes. Pour l’époque, les scènes truffées de trucages sont très impressionnantes et effrayantes. W.S. Van Dyke n’a pas hésité à utiliser un nombre important de figurants. Le film est une vraie réussite sur ce plan là.
Note : 4 étoiles

Lui :
Sans être un grand film, San Francisco se laisse encore regarder avec grand plaisir. Il y a bien sûr ces fameuses scènes du tremblement de terre reconstitué mais le reste du film n’est pas sans intérêt, avec notamment une grande place donnée aux talents de chanteuse de Jeanette McDonald. C’est très classique mais bien fait.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Jeanette MacDonald, Spencer Tracy
Voir la fiche du film et la filmographie de W.S. Van Dyke sur le site IMDB.

4 décembre 2005

Rich and strange (1932) d’ Alfred Hitchcock

Titre français : « A l’est de Shanghaï »

Rich and Strange Elle :
Film de la période anglaise d’Hitchcock auquel on finit par adhérer malgré la bande son hésitante et les leçons de morale que le metteur en scène donne. Un couple part en croisière en Orient avec l’argent d’un héritage pour rompre la monotonie de sa vie mais est confronté à de si nombreux périls qu’il finit par regretter le cocon familial. Hitchcock mêle habilement la comédie au drame avec multiples rebondissements et se moque acidement de la haute bourgeoisie.
Note : 3 étoiles

Lui :
Sous des airs de comédie, Hitchcock (ici dans sa toute première période) brosse un portrait assez mordant de la bourgeoisie, ou plus exactement des nouveaux riches. Le scénario est assez étoffé tout en étant au fond extrêmement simple, ce qui rend le film assez plaisant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Henry Kendall, Joan Barry
Voir la fiche du film et la filmographie de Alfred Hitchcock sur le site IMDB.

Voir les autres films de Alfred Hitchcock chroniqués sur ce blog…

6 septembre 2005

La malle de Singapour (1935) de Tay Garnett

Titre original : « China Seas »

La malle de SingapourElle :
Cette aventure exotique en mer de Chine est à la fois drôle, dramatique et assez invraisemblable. Jean Harlow, la fille jalouse et aux mauvaises manières et Clark Gable, le capitaine grincheux d’un navire sont les piliers du film. Le bateau transporte un rouleau compresseur qui ne demande qu’à passer par-dessus bord pendant une tempête et aussi une cargaison d’or. On essuie donc un typhon, le piratage du bateau par des asiatiques. Les seconds rôles sont croqués avec humour. On a droit à l’éternel poivrot qui ne rend compte de rien et aux postures affectées des femmes mondaines. Bref un bon petit film à déguster en toute tranquillité.
Note : 4 étoiles

Lui :
La Malle de Singapour joue sur l’attrait d’un certain exotisme oriental. L’histoire est assez classique mais fonctionne bien avec un Clark Gable convaincant dans ce rôle de capitaine intrépide et courageux dont deux femmes se disputent le cœur, sur fond de piratage en pleine mer.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Clark Gable, Jean Harlow, Wallace Beery
Voir la fiche du film et la filmographie de Tay Garnett sur le site IMDB.

27 août 2005

Vous ne l’emporterez pas avec vous (1938) de Frank Capra

Titre original : « You can’t take it with you »

You Can't Take It with YouElle :
James Stewart en fils de riche banquier veut épouser Jean Arthur, fille d’une famille modeste. C’est l’affrontement de deux mondes totalement opposés: l’amour de l’argent contre l’amour tout court, l’amitié et la joie de vivre. Frank Capra nous introduit dans son univers de famille idéale avec beaucoup d’humour et de gaieté. Ses personnages sont drôles et attachants. Un grand classique du cinéma à voir ou revoir avec délectation.
Note : 5 étoiles

Lui :
Vous ne l’emporterez pas avec vous est une comédie pleine de vitalité, de bonne humeur et de bonnes intentions, sur le thème « la recherche de la réussite sociale et financière peut vous faire oublier les valeurs essentielles de la vie ». On peut bien entendu trouver cela trop manichéen, trop idéaliste ou même idyllique, mais personne n’a mieux traité ce sujet en comédie que Capra. Les personnages sont forts et attachants, les dialogues brillants et la mise en scène très précise. Du grand art.
Note : 5 étoiles

Acteurs: James Stewart, Jean Arthur, Lionel Barrymore, Edward Arnold, Mary Forbes, Ann Miller
Voir la fiche du film et la filmographie de Frank Capra sur le site IMDB.

Voir les autres films de Frank Capra chroniqués sur ce blog…

11 juillet 2005

Steamboat round the bend » (1935) de John Ford

Autre titre : « Steamboat Bill »
Titre français : (pas de titre français)

Steamboat Round the BendElle :
Un meurtre commis par le jeune Duke pour sauver sa petite amie des griffes de sa famille est le point de départ de cette histoire qui se situe sur les bords du Mississipi au temps des bateaux à vapeur. John Ford y exalte les valeurs de fraternité et de générosité au travers de l’oncle John qui protège le couple maudit et notamment la jeune fille avec qui il se comporte comme un père. Malgré certaines longueurs et clichés, il y a de bonnes choses notamment sur la vie à cette époque avec les prédicateurs hallucinés qui haranguaient les foules crédules. L’humour habite des personnages haut en couleur. Le plus exaltant est la course de bateaux à vapeur crachant de la fumée noire que John Ford met habilement en scène.
Note : 3 étoiles

Lui :
Film assez plaisant, qui met en avant des valeurs très simples (la famille, acceptation de l’autre, … etc). Le film a toutefois un peu vieilli et certaines scènes semblent s’allonger inutilement. Il est surtout intéressant pour ses personnages principaux, caractères admirablement brossés au travers de cette connivence un peu forcée entre un quinquagénaire et la fiancée de son neveu, le tout dans le monde si particulier des bateaux à aubes sur le Mississippi.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Will Rogers, Anne Shirley
Voir la fiche du film et la filmographie de John Ford sur le site IMDB.

Voir les autres films de John Ford chroniqués sur ce blog…

19 mai 2005

J’ai le droit de vivre (1937) de Fritz Lang

Titre original : You only live once

J'ai le droit de vivreElle :
Ce film noir est le deuxième de la période américaine de Fritz Lang. Henri Fonda joue le personnage d’un détenu libéré qui ne parvient pas à se réinsérer dans la société malgré le soutien de sa femme très éprise de lui. La malchance et le mauvais sort s’acharnent sur eux. C’est cette fuite éperdue et qu’on sait perdue d’avance que filme brillamment Fritz Lang. Il joue avec l’ombre et la lumière, s’approche de ces visages inquiets mais amoureux, entoure ses personnages de cadres et de grilles pour montrer qu’ils sont prisonniers de leur destin. La prestation d’Henry Fonda et de Sylvia Sydney est remarquable d’intensité. C’est du grand cinéma.
Note : 4 étoiles

Lui :
Tourné juste après Furie, J’ai le droit de vivre permet à Fritz Lang de reprendre le thème de l’innocent rejeté par la société ; c’est une nouvelle fois l’occasion pour lui de dénoncer une certaine intolérance. Créant une intensité parfaitement progressive, le scénario est servi par une mise en scène parfaite, très pure dans son académisme, sobre mais ô combien efficace, sans fioritures ni embellissement gratuit. Fritz Lang réussit ainsi un film qui parvient à nous capturer, nous captiver et nous émouvoir. Très belle prestation du jeune Henry Fonda.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Henry Fonda, Sylvia Sydney
Voir la fiche complète du film et la filmographie de Fritz Lang

Voir les autres films de Fritz Lang chroniqués sur ce blog…

6 mai 2005

Grand Hotel (1932) de Edmund Goulding

Grand Hôtel Elle :
Le Grand Hôtel de Berlin où les riches cohabitent avec les ruinés ou ceux qui rêvent d’être riches. Le début du film donne le tournis. C’est un défilé perpétuel de clients mondains qui évoluent dans le grand hall et se donnent en représentation. L’attrait magnétique de l’argent est le thème central du film. Le réalisateur réunit une pléiade d’acteurs connus tels que les frères Barrymore (John et Lionel), Greta Garbo, Joan Crawford, Wallace Beery. La danseuse célèbre mais malheureuse en amour rencontre l’escroc amoureux, Le riche patron croise la jolie secrétaire qui rêve d’ascension sociale. Le petit employé qui sait qu’il va mourir bientôt veut enfin s’éclater et goûter la vie en dépensant ses économies. Bref, tout ce petit monde rêve ou chute. On passe très vite de l’ébriété à l’angoisse, du bonheur au désespoir. C’est très bien fait et observé malgré quelques petites longueurs.
Note : 4 étoiles

Lui :
Greta Garbo - Grand Hôtel Ce grand hôtel est un lieu de passage mais aussi un lieu où échouent des destins bien différents, l’occasion ou le prétexte pour nous exposer des tranches de vie qui, malgré leur apparence d’opulence et de facilité, sont marquées par la solitude. Aidé par une brillante brochette d’acteurs (Garbo en tête) et de superbes décors, le film prend parfaitement son envol et les dialogues sont très enlevés et plaisants. Le film n’a pas pris une ride, que ce soit sur son superbe décor (art déco) ou sur son scénario.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Greta Garbo, John Barrymore, Lionel Barrymore, Joan Crawford, Wallace Beery
Voir la fiche complète du film et la filmographie de Edmund Goulding