Lui :
Evadée d’une maison de redressement, une jeune fille échoit dans une école de pickpocket assez pittoresque. Ses premières activités vont l’amener à rencontrer un diplomate qui va l’employer pour une mission toute particulière. Si la base du scénario de Battement de cœur est tout à fait prometteuse, le développement de l’histoire semble un peu fade et trop prévisible. Le film semble surtout l’occasion de mettre en valeur son actrice vedette, Danielle Darrieux, qui était alors en pleine ascension et aussi la femme d’Henri Decoin. Effectivement, elle parvient à jouer les différentes facettes de son rôle avec beaucoup de charme. Mais le film reste trop centré sur elle, les autres rôles paraissant plus effacés ou oubliés. Les dialogues sont toutefois vifs, souvent assez brillants. Battement de cœur fut un immense succès, propulsant son actrice au rang de superstar à l’âge de 22 ans.
Note : ![]()
Acteurs: Danielle Darrieux, Claude Dauphin, André Luguet, Julien Carette, Jean Tissier, Saturnin Fabre
Voir la fiche du film et la filmographie de Henri Decoin sur le site IMDB.
Une comédie de 1940 se laissant voir avec plaisir.
Certes, des piliers du cinéma français moins dirigés que Danielle Darrieux et qu’on laisse (un peu trop) cabotiner.
Mais un cynisme à la Guitry autrement plus réjouissant que celui de nos ringards guignols de l’info blasée.
Vous auriez pu aller jusqu’à 3 étoiles…
Oui, j’aurais pu aller jusqu’à 3 étoiles…
J’ai d’ailleurs hésité.
Pas toujours facile de mettre des étoiles. C’est très arbitraire et réducteur.
Oh mais oui, une troisième étoile n’aurait pas été de trop! Noté en-dessous de la moyenne c’est dur… C’est que même sans Ophuls, elle est divine D. Darrieux! Mise en lumière même si elle se fait parfois voler la vedette par un être encore plus lumineux (la boule de poils moustachue qui sert de chien bien sûr!)
Dans son livre DORA BRUDER, Patrick Modiano évoque ce film sans le nommer mais on comprend parfaitement qu’il s’agit de celui-ci. Dora Bruder est un personnage réel: c’est une adolescente juive, un peu rebelle, ayant vécu pendant l’Occupation et qui s’évade du pensionnat où elle est censée être protégée des autorités allemandes. Enquêtant sur les mois ayant précédé sa déportation, il imagine qu’elle a pu voir Battement de cœur durant son errance dans la capitale, un film qui, selon Modiano est la »version rose » de son histoire qui, elle, est bien sombre. Il y consacre environ deux pages et il en profite pour signaler qu’à cette époque, on allait au cinéma pour oublier un quotidien morose, l’Occupation, les restrictions et la guerre. C’était comme une trêve. D’où sans doute la fréquentation importante des salles obscures à cette époque. Et Battement de cœur correspondait parfaitement aux attentes des spectateurs de cette période de notre Histoire.