19 juillet 2019

Sept hommes à abattre (1956) de Budd Boetticher

Titre original : « 7 Men from Now »
Autre titre français : « Sept hommes restent à tuer »

Sept hommes à abattreL’ex-shérif Ben Stride vient de perdre son épouse, tuée lors d’un hold-up. Il se met sur la piste des sept hommes responsables pour les tuer…
Sept hommes à abattre est le premier scénario écrit par Burt Kennedy. Il le proposa à John Wayne qui le confia à Budd Boetticher avec l’intention d’en tenir le rôle principal. Ce ne sera finalement pas possible pour des raisons d’emploi du temps mais John Wayne restera producteur. Il s’agit d’un western assez remarquable par l’épure de son récit qui suit une ligne simple et claire, et par la sobriété de son interprétation. Le scénario se déroule de façon limpide, étoffant ses personnages peu à peu avec une grande économie d’effets. Les sentiments se perçoivent avec un regard plus que par un grand discours. Randolph Scott personnifie à merveille ce personnage taciturne en quête de vengeance qui laisse transparaître une fragilité et une grande humanité sous sa carapace. Habitué des séries B, Budd Boetticher ne bénéficiera pas d’une bonne distribution et le film sera rapidement impossible à voir. Il faudra attendre une rétrospective Budd Boetticher à la Cinémathèque française en 2001 pour revoir ce film en France.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Randolph Scott, Gail Russell, Lee Marvin, Walter Reed, John Larch
Voir la fiche du film et la filmographie de Budd Boetticher sur le site IMDB.

Voir les autres films de Budd Boetticher chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* A sa sortie, Sept hommes à abattre fut décrit par André Bazin comme « peut-être le meilleur western que j’ai vu depuis la guerre, le plus raffiné et le moins esthète, le plus simple et le plus beau. » (Cahiers du Cinéma, 1957)
* Sept hommes à abattre est le premier film issu de la collaboration entre le réalisateur Budd Boetticher, le scénariste Burt Kennedy et l’acteur Randolph Scott.

Sept hommes à abattreRandolph Scott dans Sept hommes à abattre de Budd Boetticher.

Sept hommes à abattreWalter Reed et Gail Russell avec, en arrière-plan, Randolph Scott dans Sept hommes à abattre de Budd Boetticher.

Sept hommes à abattreDon ‘Red’ Barry et Lee Marvin dans Sept hommes à abattre de Budd Boetticher.

7 commentaires sur « Sept hommes à abattre (1956) de Budd Boetticher »

  1. Le premier d’une bien belle série, considéré par certains comme son meilleur élément, tandis que d’autres sont plus partagés. Je ne suis pas, quant à moi, en mesure de donner un avis, comme vous le lirez infra.
    Une série, quoiqu’il en soit, dont chaque élément représente un modèle d’épure : un scénario solide de B. Kennedy, 70-80 minutes, pas de gras, pas de superflu : des modèles d’efficacité maximale… à l’image du jeu de Randolph Scott, acteur trop longtemps mésestimé.
    Seul « Le courrier de l’or », dont le scénario est signé Berne Giler, parait un petit peu en dessous ( et encore…).
    Une série dédiée au thème de la vengeance, décliné sous de multiples variations dans chacun des films qui la compose.
    On notera ici la présence d’un acteur encore jeune mais plein d’avenir, dans le rôle du « méchant » : Lee Marvin, ainsi que de la fragile et délicate et, hélas, trop tôt disparue, Gail Russell.
    Cette dernière avait déjà joué avec Wayne dans « Le réveil de la sorcière rouge » (E. Ludwig -1948) ou encore « L’ange et le mauvais garçon » (1947 – JE Grant), deux films très intéressants. Le « Duke » l’appréciait beaucoup, l’ayant aidé à surmonter les problèmes de santé qu’elle rencontrait, notamment en faisant en sorte qu’elle obtienne un rôle dans « 7 men from now », dont vous indiquez très justement qu’il fut le producteur.
    Contrairement aux autres films de la série, il est difficile à trouver en dvd. C’est donc quasiment le seul que je n’ai pas encore vu à ce jour, mais je ne désespère pas. Comment avez-vous pu le visionner ?

  2. Il a été diffusé il y a quelques semaines sur Paramount Channel.
    C’est là où je l’ai pris.
    A part le logo Paramount incrusté et la coupure pub en plein milieu (glurp…), c’était une belle version…

  3. … D’accord, merci pour le tuyau.
    Merci également pour la grande qualité de votre blog, et pour nous faire bénéficier de votre passion, et de votre grande connaissance du cinéma.
    Dans cette série, outre La chevauchée de la vengeance, que vous avez déjà évoquée, Comanche Station et l’Homme de l’Arizona m’avaient bien séduit, ainsi que le sympathique western urbain « Decision at sundown ».

  4. Merci pour ces conseils.
    Je vais m’efforcer de voir effectivement d’autres Boetticher car c’est vraiment un réalisateur qui mérite bien mieux que l’étiquette « Série B » qu’on lui colle généralement.
    Pour celui-ci, j’ai vraiment hésité entre 4 et 5 étoiles. 4 et demie aurait été parfait. Il y a des jours où je regrette de refuser de mettre des demi-étoiles. 🙂

  5. Concernant le qualificatif de « série B », il y a eu, en France, un glissement sémantique tout à fait préjudiciable, et ce terme en est finalement venu à désigner, de manière péjorative, un film de seconde zone, artistiquement insignifiant.
    Or, à l’origine, il s’agit uniquement d’un système de classification qui se réfère à un film tourné avec un petit budget de production et projeté en première partie d’un double programme (deux films par séance au prix d’un seul) : ce type de films était très courant durant l’âge d’or d’Hollywood.
    On s’en rend d’ailleurs bien compte aujourd’hui au visionnage d’un film comme « 7 hommes à abattre » : certaines séries B se révèlent supérieures artistiquement et qualitativement à de nombreuses séries A. Les contraintes imposées aux réalisateurs et scénaristes de ce type de film les ont amenés à réaliser, pour certains, de véritables prouesses qui en font, comme c’est ici le cas, de véritables modèles d’épure et d’efficacité maximale. Les films en question sont absolument exemplaires et devraient être cités comme référence dans toutes les écoles de cinéma.

  6. Merci pour ces deux références que je ne manque pas de noter.
    Outre Boetticher (A feu et à sang, avec Audie Murphy…), on peut citer des réalisateurs comme Allan Dwan (Le mariage est pour demain : étonnant, Silver lode : référentiel, Tornade…), Phil Karlson (L’étalon sauvage : surprenant, Le salaire de la violence : excellent…), George Sherman (La vengeance de l’Indien, Tomahawk : excellents…), Richard Bartlett (Joe Dakota, L’héritage de la colère, deux superbes modèles d’épure), Charles Marquis Warren (Little Big Horn, dont on ne voit pas une seule seconde de la bataille dans le film !), Apache drums (Hugo Fregonese), excellent.
    Les films mentionnés sont susceptibles de vous séduire.
    Personnellement, je trouve ce cinéma assez fascinant, tant le contraste avec la production américaine contemporaine est flagrant : 70-80 minutes, des scénarios au cordeau, un vrai sens de la synthèse où le manque de moyen ne se fait guère sentir. C’est la démonstration de comment faire bien, voire très bien, avec peu. Pas besoin d’en faire 3 heures (dont souvent une est superflue) avec des tonnes d’effets spéciaux numériques. Du vrai travail de Maître Artisan d’Art, à l’ancienne !

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