17 mars 2007

La marque du tueur (1967) de Seijun Suzuki

Titre original : Koroshi no rakuin
Titre anglais : Branded to kill

La marque du tueurElle :
(pas vu)

Lui :
Seijun Suzuki est un cinéaste japonais qui fut assez prolixe dans le genre films noirs de série B (« Yakusa ») entre 1956 et 1967. La Marque du Tueur est souvent considéré comme son film le plus marquant, celui dans lequel il poussa ses expériences surréalistes le plus loin. Cela lui vaudra d’ailleurs d’être mis à la porte de son studio. C’est effectivement un film très particulier où Suzuki a quelque peu déstructuré son récit pour se concentrer sur la forme et l’esthétisme des plans. L’inventivité est ahurissante, tant au niveau des plans, de la position de la caméra, de l’enchaînement des scènes, de l’utilisation des objets. On comprend aisément pourquoi Tarantino vénère tant Seijun Suzuki car ce film à lui seul constitue un creuset d’idées qui semblent fuser de manière continuelle. L’histoire est secondaire, une histoire de tueurs à gages qui se retrouve chassé par un autre tueur à gages ; beaucoup de coups de feu et des jeunes femmes peu farouches dont une très énigmatique. En fait, c’est surtout l’occasion pour le réalisateur de détourner les codes du genre et d’en parodier les thèmes habituels. Un film vraiment surprenant : bien plus qu’une curiosité, il est vraiment remarquable.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Jo Shishido, Mariko Ogawa, Koji Nambara
Voir la fiche du film et la filmographie de Seijun Suzuki sur le site imdb.com.
Lire un article sur Seijun Suzuki sur le site internet Cinetudes.

En 2001, Seijun Suzuki a réalisé un remake de La Marque du Tueur : Pistol Opera.

4 commentaires sur « La marque du tueur (1967) de Seijun Suzuki »

  1. Bonjour,

    Je vous envie d’avoir pu voir le film de Suzuki que beaucoup considèrent comme son meilleur. Ne résidant pas en France actuellement, j’aimerais beaucoup savoir dans quelle salle le film a été projeté. J’ai pour ma part découverte Suzuki en arrivant au Japon. Il a en effet tourné beaucoup de films, un peu à la manière de Fukasaku ou Miike, des Stakhanovistes de la caméra.

    Si vous souhaitez voir et revoir encore ce film, je ne saurais trop vous conseiller la version éditée par Criterion, un vrai bijou, loin de ses concurrents français.

    Pistol Opera, par contre, et ce même s’il demeure un terrain d’expérimentations pour Suzuki, est selon moi un échec retentissant au regard de ses précédentes réalisations. Le problème avec les réalisateurs japonais aujourd’hui, c’est qu’ils doivent souvent se conformer à un Star System désuet et que les studios refusent de financer des films qui ne seront pas « bankable ». Sans compter que même s’ils parviennent à finaliser leurs projets, ils ne sont guère diffuser que dans quelques salles japonaises, loin des projecteurs et de l’actualité.

    Il est important de comprendre que les Japonais ont un rapport au cinéma différent de celui qu’entretiennent les Français. Ils y vont rarement, c’est hors de prix et surtout il y a très peu de salles soutenues par le gouvernement ou la politique des villes. Dommage pour un amateur de cinéma comme moi qui doit souvent se rattraper à coup de DVD édités aux Etats-Unis.

    Récemment, le dernier film de Koji Wakamatsu a été diffusé en tout et pour tout trois à cinq jours dans une salle de Tokyo et une autre à Nagoya (la quatrième plus grande ville du Japon). Les Japonais ont globalement renié leur héritage de la Nouvelle Vague développée par un groupe de réalisateurs géniaux pour se rapprocher d’un cinéma à grand spectacle typé Hollywood. Parfois intéressant aussi mais malgré tout très frustrant lorsque l’on sait qu’il y a un tas de réalisateurs très talentueux obligés de tourner sur commande.

    Je vous conseille, si vous aimez le cinéma japonais, de vous rendre à la future (?) rétrospective Yoshida Kiju qui aura lieu au Centre Pompidou. Ce réalisateur est passionnant.

  2. Merci bien pour ces commentaires intéressants et pour cette vision « de l’intérieur ».
    Quant au lieu où j’ai pu voir ce film, je dois bien avouer l’avoir vu, non pas en salle, mais sur l’une des chaînes cinéma du satellite.

    Je retiens votre conseil de s’intéresser à Yoshida Kiju. J’ai examiné sa filmographie et je ne me souviens pas avoir vu un seul de ses films. Encore une lacune…

  3. C’est tout simplement devenu un de mes films cultes. Un film indémodable, pas besoin du numérique pour faire une mise en scène d’une inventivité absolument ébouriffante.

  4. Réponse très très tardive à l’interrogation de japantime.
    La marque du tueur existe en France, en DVD, dans un coffret Suzuki (HK Video) avec « La barrière de chair » et un troisième dont le nom j’échappe.

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