11 mai 2026

Une femme coréenne (2003) de Im Sang-soo

Titre original : « Baramnan gajok »

Une femme coréenne (Baramnan gajok)Ho-jung, danseuse, élève pratiquement seule son fils adoptif. Son mari partage son temps entre son travail d’avocat, sa jeune maîtresse et l’alcool. Frustrée sexuellement et humainement, Ho-jung finit par s’intéresser à son jeune voisin, un adolescent timide dont elle a remarqué le manège : il la regarde en cachette avec des jumelles et la suit. Par ailleurs, son beau père est sur le point de mourir d’une cirrhose…
Une femme coréenne est un film sud-coréen écrit et réalisé par Im Sang-soo ; c’est son troisième long métrage. Le thème est celui de la transformation de la Corée du Sud et des impacts sur la vie de ses habitants. Le réalisateur explique : « La génération des années 80 a été la première à profiter d’une Corée nouvellement démocratisée et de l’émergence du féminisme (…) Le problème est que la Corée n’avait qu’une vague connaissance de ces valeurs que sont la démocratie et le féminisme, et qu’aujourd’hui les Coréens ont du mal à mettre en pratique ce qui n’était que de lointaines théories. Cette génération s’efforce d’être heureuse, mais se heurte à la difficulté d’appliquer son nouveau statut de génération libre. » Avec le couple des parents du mari, le réalisateur montre que toutes les générations sont ainsi déboussolées. Il aborde ce thème sans tabou, les scènes à caractère sexuel, assez naturelles, sont assez nombreuses, la scène du décès du père est assez crue. Cette approche directe avait plutôt surpris le public occidental à sa sortie.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Moon So-ri, Hwang Jung-min, Youn Yuh-jung, In-mun Kim, Bong Tae-gyu
Voir la fiche du film et la filmographie de Im Sang-soo sur le site IMDB.
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Moon So-ri et Bong Tae-gyu dans Une femme coréenne (Baramnan gajok) de Im Sang-soo.

6 août 2014

The Housemaid (2010) de Im Sang-soo

Titre original : « Hanyo »

The HousemaidUne jeune femme se fait embaucher comme aide-gouvernante dans une riche maison bourgeoise. Elle doit céder aux avances du maitre de maison… Im Sang-soo devait certainement tirer un avantage de présenter The Housemaid comme un remake de La Servante de Kim Ki-young car, en réalité, les histoires n’ont que bien peu de points communs ! Disons plutôt qu’il s’agit d’une variation sur le même thème, à savoir une jeune servante embauchée par une famille. Plus qu’une intrigue psychologique, The Housemaid est un film qui désire explorer les rapports de classe entre riches et pauvres. L’histoire est simple et (hélas) prévisible, Im Sang-soo se focalisant sur le thème du sentiment de supériorité (le mari) et de l’arrivisme (la femme et sa mère). Plusieurs éléments ne sont pas crédibles et la fin est quelque peu outrancière. En fait, si le film se révèle plaisant à regarder, c’est surtout grâce à sa forme élégante : une superbe photographie, une composition des plans qui frise la perfection. Im Sang-soo joue beaucoup avec les symétries, les cadres. C’est un délice pour les yeux. Quel dommage que le contenu ne soit pas de la même qualité !
Elle: 2 étoiles
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jeon Do-yeon, Lee Jung-Jae, Yoon Yeo-jeong
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Voir sur ce blog : La Servante de Kim Ki-Young (1960)…

Remarque :
Im Sang-soo poursuivra son exploration très critique de l’univers des ultrariches avec son film suivant L’Ivresse de l’argent (2012).

12 mars 2014

L’ivresse de l’argent (2012) de Im Sang-soo

Titre original : « Do-nui mat »

L'ivresse de l'argentLe jeune Joo Young-Jak est le secrétaire particulier de la famille la plus riche et la plus puissante de Séoul. Il est ainsi mêlé aux affaires privées de ses membres… Avec L’ivresse de l’argent, Im Sang-soo se livre à une peinture qui se veut mordante de la caste des ultrariches coréens. De leurs affaires, on ne sait que peu de choses si ce n’est qu’ils franchissent allègrement les limites de la légalité. Ce qui intéresse plus le réalisateur ce sont les rapports de pouvoir qui se sont immiscés à l’intérieur même de cette famille. Il avait le dessein d’en faire une tragédie shakespearienne et il n’y parvient que partiellement. Le plus remarquable de L’ivresse de l’argent reste la mise en scène très stylée, l’utilisation des décors glacés de l’immense demeure et de son mobilier, le sens du détail. Revers de la médaille : l’image est tellement policée qu’elle en perd toute authenticité et l’ensemble devient quelque peu artificiel. L’ivresse de l’argent reste plaisant à regarder mais Im Sang-soo aspirait certainement à plus que cela…
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Kim Kang-woo, Yun-shik Baek, Yun Yeo-jeong, Hyo-jin Kim
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