18 juillet 2012

Hors-la-loi (2010) de Rachid Bouchareb

Hors la loiTrois frères algériens, qui ont perdu une partie de leur famille lors du massacre de Sétif, émigrent en France dans les années cinquante. L’un d’entre eux rejoint clandestinement le bras armé du Front de libération nationale (FLN)… Lors de sa présentation à Cannes, Hors-la-loi créa une certaine polémique, accusé par certains de réveiller les sentiments anti-français. Certes, le film de Rachid Bouchareb présente son histoire de façon très partisane mais il a toutefois le mérite de lever le voile sur certains évènements occultés comme le Massacre de Sétif de juin 1945, reconstitué ici de façon terrifiante (mais hélas exacte) en début du film. En revanche, on peut être plus circonspect sur l’option prise par le réalisateur de présenter le reste du film comme un film de mafia, une saga familiale avec des personnages stéréotypés qui répriment toute émotion et qui enchaîne les scènes d’action. Ce parti-pris a-t-il été choisi pour donner une forme plus accessible à un public large ? Ce faisant, le réalisateur s’éloigne inévitablement de l’Histoire et minimise la question de fond qu’il pose sur l’engagement et l’utilisation de la violence. En regardant Hors-la-loi, on est pris entre la découverte d’un pan caché de notre histoire et le détachement engendré par la forme.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Sami Bouajila, Roschdy Zem, Jamel Debbouze, Bernard Blancan, Assaad Bouab
Voir la fiche du film et la filmographie de Rachid Bouchareb sur le site IMDB.

Voir les autres films de Rachid Bouchareb chroniqués sur ce blog…

2 réflexions sur « Hors-la-loi (2010) de Rachid Bouchareb »

  1. Le fameux film qui a fait polémique et qu’on sait même pas pourquoi. Personnellement en tout cas je n’ai pas trouvé matière à.
    Il y a des ‘bons’ et des ‘méchants’ dans les deux camps, ce qui est appréciable. Le film ne montre pas du doigt un camp ou un autre. Chacun est libre de se faire sa propre opinion sur la moralité des personnages. Et si finalement cette fameuse ‘morale’ du film était simplement que la guerre c’est toujours sale dans les deux camps…
    Une autre chose qui m’a frappé : le début du film montre l’enchaînement entre la seconde guerre mondiale, l’Indochine, puis l’Algérie. La plupart des personnages présentés sont en fait des victimes de l’Histoire. Ce sont des suiveurs et non des leaders.
    Bref moi qui aime beaucoup l’Histoire je pense qu’il y a plein de choses à voir dans ce film.

  2. Dangereuse manipulation des faits historiques, où les manifestants sont uniquement présentés comme des victimes et leurs exactions passées sous silence. Lors de la dispersion du cortège, les manifestants s’en prennent aux Français, au cri de « n’katlou ennessara » (en français : « tuons les Européens ») et « tuons les Juifs ». En quelques heures, la foule massacre entre 22 et 28 Européens et entre 48 et 80 Européens sont grièvement blessés. Le maire, Édouard Delucca, qui a cherché à s’interposer, est assassiné. Albert Denier, le secrétaire du Parti communiste algérien, a les deux mains tranchées à coup de hache. La police riposte. Les estimations font état de 20 à 40 morts et de 40 à 80 blessés chez les « indigènes ». À 11h30, tout est terminé.
    À 13 heures, un couvre-feu est instauré à Sétif et la cérémonie officielle prévue pour l’après midi est annulée.
    L’armée fait défiler les tirailleurs algériens, mais, alors que l’émeute se calme à Sétif, dans le même temps, des émeutes éclatent aux cris du « djihad » dans la région montagneuse de petite Kabylie, dans les petits villages entre Bougie et Djidjelli17. Des fermes européennes isolées et des maisons forestières sont attaquées et leurs occupants assassinés, souvent dans des conditions particulièrement atroces (viols, tortures…).
    Ces faits sont passés sous silence, même si, évidemment, ils ne justifient pas l’ignoble vague de répression qui a suivi. Ce qui s’apparente à une manipulation des indépendantistes algérien avait en tout cas parfaitement atteint son but, et démontré le caractère parfaitement illégitime du système colonialiste. Mais il aurait fallu montrer les horreurs dans les deux camps pour être parfaitement honnête, ce que se garde bien de faire le réalisateur.
    Le reste n’est qu’une œuvre moyenne, assez invraisemblable, qui ne mérite pas vraiment qu’on s’y attarde, même si l’ensemble a pu faire écho dans certaines de nos banlieues, où se mêlent désormais délinquance et Djihad dans des esprits peu éclairés. En cela, Bouchareb fait preuve d’une totale irresponsabilité et d’une malhonnêteté flagrante. Le fait que Djamel se prête à ce jeu est parfaitement désolant.

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