11 août 2009

Les mondes futurs (1936) de William Cameron Menzies

Titre original : « Things to Come »
Autre titre français : « La vie future »

La vie futureElle :
(pas vu)

Lui :
Les Mondes futurs est l’adaptation cinématographique du roman de H.G. Wells « The shape of things to come ». C’est Wells lui-même qui a écrit le scénario (1). Le producteur anglais Alexander Korda confie le projet à William Cameron Menzies, décorateur américain de génie. Les mondes futurs est le film de science-fiction le plus cher et le plus ambitieux des années trente, l’un des tous premiers grands films de ce genre avec Metropolis (2). Le film se déroule sur trois grandes périodes, anticipant ainsi les cent années à venir : 1940 avec le début d’une guerre qui durera 25 ans, 1972 où le monde exsangue est revenu à une civilisation de type féodal et enfin 2036 où règne le culte du progrès sous un régime de technocrates bienveillants.

Outre son côté prophétique (3), ce sont les décors qui sont le plus remarquables, tout particulièrement dans la période 2036 où Menzies montre tout son talent et son inventivité pour créer des illusions de gigantisme et de puissance. La transition vers cette période future est assez étonnante avec plusieurs minutes d’effets visuels de machineries gigantesques, un jeu de superpositions sans cesse renouvelé. Hélas, si Menzies est l’un des décorateurs les plus brillants d’Hollywood, il montre clairement ses limites sur le plan de la direction des acteurs dont le jeu est statique et qui déclament leur texte sans y insuffler suffisamment de vie. Pour cette raison, le film ne révèle pas être à la hauteur des talents mis en œuvre. Toutefois, Les mondes futurs reste l’un des films les plus importants de science-fiction et vaut la peine d’être vu, ne serait-ce que pour la qualité de ses décors et de ses prospectives.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Raymond Massey, Edward Chapman, Ralph Richardson, Margaretta Scott
Voir la fiche du film et la filmographie de William Cameron Menzies sur le site imdb.com.

Voir aussi : un excellent site sur le film Things to come avec notamment une superbe collection de posters et photos de tournage.

Notes:
(1) Wells a écrit « The shape of things to come » en 1933. Après avoir écrit l’adaptation cinématographique, il en a publié le script (ou une version très proche) sous le titre « Things to come: a film story » en 1935, peu avant la sortie du film. Ni l’un ni l’autre ne semblent avoir été traduits en français.
(2) H.G. Wells haïssait le film Metropolis de Fritz Lang (1927) et le disait haut et fort à toute l’équipe.
(3) Les mondes futurs place le début de la seconde guerre mondiale en décembre 1940, ne se trompant ainsi que de 15 mois. On y voit des attaques aériennes surprise sur l’Angleterre. Ce sont des bombes de gaz : à cette époque, la crainte que les allemands utilisent massivement les gaz, comme à la fin de première guerre mondiale, était très forte. La période de 2036 montre une civilisation plutôt pacifique mais gouvernée par des technocrates. Rejetant le progrès, la population se révolte ; il est encore trop tôt pour juger la qualité de cette prédiction… En revanche, le plus discutable est l’utilisation d’un canon géant pour envoyer des hommes sur la lune, faisant ainsi revivre l’idée de Jules Verne (et que Wells avait déjà reprise dans son livre de 1901 « Les premiers hommes sur la Lune » ) : en 1935, Wells devait savoir que ce n’était pas possible.

2 réflexions sur « Les mondes futurs (1936) de William Cameron Menzies »

  1. Wells avait-il vu le film de Fritz Lang « une femme sur la lune » ??
    Si oui, serait-ce pour cela qu’il aurait préférer revenir à la vieille hypothèse du canon plutôt que d’adopter la vision plus moderne de Lang ??

  2. Ce pourrait être une piste d’expliquer cela par la haine de Wells envers Metropolis.

    A ce propos, HG Wells avait rédigé, en 1927, un article assassin dans le New York Times Magazine : cela commence par « Je viens de voir un film parfaitement idiot. Je ne pense pas qu’il soit possible de faire un film plus idiot que cela ».
    Il continue dans ce long article d’une méchanceté et d’une mauvaise foi étonnante en qualifiant Metropolis de ridicule et plein de clichés. Wells accuse Lang d’avoir plagié plusieurs de ses écrits, dont une nouvelle assez ancienne « The sleeper awakes »…

    Pour lire cet article assassin : http://books.google.fr/books?id=boJCJHYSk4YC (page 94)

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