3 juin 2009

Les femmes de l’ombre (2008) de Jean-Paul Salomé

Les femmes de l'ombreElle :
Le film aborde un sujet forcément très touchant puisqu’il s’agit de femmes résistantes qui sacrifient leurs vies, à la veille du débarquement de 1944. Elles intègrent le service secret anglais SOE créé par Churchill pour sauver l’opération à la dernière minute. La première partie est franchement gênante; la mise en scène est trop léchée, le scénario un peu académique et les actrices ne sont pas très à leur aise dans des dialogues qui sonnent un peu faux. Et puis finalement c’est le côté action, mélo, embuscades qui finit par faire décoller un peu le film. Les évènements dramatiques qui s’enchaînent sans répit font passer un peu d’émotion et de suspense. Mais était-ce la bonne approche pour évoquer un sujet si douloureux… je suis un peu perplexe…
Note : 3 étoiles

Lui :
A la veille du débarquement allié de juin 1944, les services spéciaux anglais assemblent un commando de cinq femmes pour aller délivrer un géologue anglais fait prisonnier en Normandie. Au même moment, un officier allemand, persuadé que le débarquement se fera en Normandie, cherche des faits pour prouver sa théorie. Les Femmes de l’ombre a été inspiré au réalisateur par le récent décès de Lise Villameur, une femme qui a participé à de tels commandos. Jean-Paul Salomé a aligné un beau casting pour donner une certaine dimension à son film, un hommage à ces femmes de l’ombre qui ont souvent donné leur vie dans ces périlleuses missions. Après un début un peu difficile qui soufre d’un jeu d’acteurs un peu trop rigide, le film capte ensuite toute notre attention dès l’arrivée de ces femmes en France et, dans la traque qui s’en suit, le réalisateur parvient à créer un fort suspense tout en conservant la terrible gravité de ces évènements. A aucun moment, il ne cherche à créer un spectacle et les actrices trouvent alors le ton juste. Même les décors ne donnent pas l’impression d’être factices et le fait d’avoir tourné en décors naturels contribue certainement à créer cette authenticité. Destiné à un public large, le film atteint ses objectifs. Il est en tout cas bien plus convaincant que les précédentes réalisations de Jean-Paul Salomé…
Note : 4 étoiles

Acteurs: Sophie Marceau, Julie Depardieu, Marie Gillain, Déborah François, Moritz Bleibtreu, Maya Sansa, Julien Boisselier
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Paul Salomé sur le site IMDB.

Voir les autres films de Jean-Paul Salomé chroniqués sur ce blog…

5 réflexions sur « Les femmes de l’ombre (2008) de Jean-Paul Salomé »

  1. Ce film fait partie de ceux que je pensais voir en salles au moment de sa sortie, que j’ai laissés passer, et dont j’avais perdu le souvenir.

    Merci pour ces avis. Il n’a pas l’air trop mal, finalement.

    C’est marrant que vous en parliez aujourd’hui, alors que, ces derniers jours, ce sont les Inglourious Basterds de Tarantino qui ont plutôt tenu la tête d’affiche. 😉

  2. Oui, mais j’aime bien marcher à contre-courant… 😉
    De toutes façons, je ne pense pas que nous aurons envie de voir ce film de Tarantino.

    Celui de Salomé sait justement éviter de faire un spectacle facile et racoleur de cette période. Non, ce qui est amusant dans le fait de publier ce commentaire aujourd’hui, c’est que ces évènements se seraient déroulés il y a 65 ans, pratiquement jour pour jour.

  3. Merci pour cette critique assez éclairante. J’ai regardé le film pour écrire un article sur une autre femme du SOE (ambiance « 65e anniversaire » oblige…).
    Globalement, j’ai tout de même été déçu. Esthétiquement, le film est d’un académisme presque insupportable (il y a vraiment des séquences qui font « téléfilm », par exemple les scènes à l’Institut des jeunes aveugles — baignant dans une brume « de sacristie » vraiment étrange — ou encore la scène finale, terriblement théâtrale… Historiquement, il y a aussi beaucoup à redire, ne serait-ce que pour les dialogues qui sonnent trop souvent faux. La palme du ridicule, pour moi, revient à la dernière scène qui montre Deborah François — je ne veux pas dévoiler l’histoire, mais franchement, qui peut croire à une telle mise en scène?.
    J’ai l’impression que Salomé a voulu à tous prix éviter le genre « édifiant ». Est-ce qu’il parvient pour autant à éviter les clichés — la « pute » au grand cœur, la boy-scout, le petit collabo qui retourne sa veste au bon moment, l’amoureuse envoûtée par le SS…?
    Du coup, je vais tâcher de regarder « Charlotte Gray », avec Cate Blanchett, inspiré de l’histoire d’une autre agent du SOE. Mais la « vraie » Charlotte Gray a déjà fait savoir qu’elle avait trouvé le film assez nul…

    Bref, je suis plutôt d’accord avec « Elle » qu’avec « Lui ».

  4. Il semble effectivement qu’il y ait des ressemblances troublantes.
    Notamment comme le fait remarquer Jean-Luc Douin dans sa critique (assez négative) du film dans Le Monde :
    « Jamais les femmes du SOE ne furent envoyées en missions collectives. Cette « trouvaille » romanesque n’est pas originale. Elle a été imaginée par Ken Follett dans Le Réseau Corneille, un best-seller (Livre de poche) non crédité au générique. »

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