15 mars 2009

Le scandale (1967) de Claude Chabrol

Le ScandaleElle :
(pas vu)

Lui :
L’héritier un peu fantasque d’une grande marque de champagne est très perturbé après avoir été retrouvé sans connaissance à côté d’une femme étranglée. Sorti en 1967, Le scandale préfigure le Chabrol des années 70 car le cinéaste porte déjà son regard sur ce qui deviendra son sujet de prédilection, la haute bourgeoisie de province, pour nous en faire un portrait peu reluisant. Ici, il n’hésite pas à grossir le trait, peut-être un trop : cupides, ivrognes ou parasites, ses personnages ne sont pas présentés à leur avantage… Le film n’a pas la précision dans le déroulement du scénario qu’auront ses films suivants (à commencer par La femme infidèle ou Le boucher deux ans plus tard) mais repose déjà sur un petit nombre de personnages forts et de nombreuses fausses pistes pour nous égarer. Le final est vraiment inattendu. Un peu plus brut que les films qui suivront, Le scandale n’en reste pas moins assez prenant.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Anthony Perkins, Maurice Ronet, Yvonne Furneaux, Stéphane Audran, Henry Jones
Voir la fiche du film et la filmographie de Claude Chabrol sur le site IMDB.

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3 réflexions sur « Le scandale (1967) de Claude Chabrol »

  1. Film méconnu, mineur dans la cinématographie pléthorique de Claude Chabrol, mais ne faisant pas partie de ses navets comme Les tigres, Folies bourgeoises ou DR M.
    Film gratuit et purement formel, Chabrol et ses comédiens nous font partager leur plaisir dans cette satire d’humour noir à travers un polar qui réussit la prouesse unique dans son genre de ne pas avoir la participation des forces de l’ordre (des crimes sans flics).
    Sans avoir la charge des films comme Le boucher, Que la bête meurt ou Une affaire de femmes, mais comme vous le dites, ce film est brute de décoffrage contre le milieu de la bourgeoisie qui ressort essoré aprés avoir trop pataugé dans un champagne poisseux et écoeurant, entre soûleries et veuleries. Le champagne, dans son processus de fabrication entre maturation et pourrissment, est une métaphore d’une bourgeoisie en décomposition. Maurice Ronet joue le rôle d’un héritier déchu entre immaturité et indignité; Perkins, un gigolo shakespearien, en quête de respectabilité, entre culpabilité et concupiscence. Stéphane Audran, incarne la perversité sous un double visage tandis qu’Yvonne Furneaux (actrice méconnue qui a joué pourtant chez Polanski ou Fellini) éclate les coutures de ses tailleurs Chanel en garce bien élevée, un exemple de réussite dans l’animalerie des monstres chabroliens.
    Equation à somme nulle, Le Scandale est le résultat d’une intrigue tordue et sans issue où les personnages se débattent comme des pantins désarticulés jusqu’à finir prisonniers de leurs propres mensonges comme dans une nasse dont le spectateur, témoin ébahi, ne sait déméler du vrai ou du faux. Maurice Ronet est il coupable, victime d’une machination pour le rendre coupable de crimes qu’il n a pas commis, ou fait-il tout simplement un cauchemar?
    On se perd dans l’écheveau d’un scénario dont la logique n’intéresse pas vraiment Chabrol. Il plonge le spectateur dans un bain de non-sens et de détournements mineurs. Il est aidé par son scénariste Gégaulff dont certains dialogues sont savoureux à l’image d’un Ronet à l’intention de Perkins  » Quand je t’ai connu tu étais un raté complet mais maintenant tu sais rien faire avec élégance… » Toujours Ronet à une maîtresse de maison peu respectable « Où trouvez toutes ces créatures?  » « Sur des rochers, à marée basse… ». Par ailleurs, la réalisation inspirée, parfois aussi almbiquée que les méandres du scénario, dément la réputation paresseuse de Chabrol (le générique est génial dans une ambiance pop et électrochocs). Enfin, la musique de Pierre Jansen est sans doute sa meilleurs contribution avec une symphonie disonnante et tourmentée, à l’image de l’état d’esprit dérangé joué par un Ronet au mieux de sa forme.
    Bref un film, pas trés sérieux, à prendre pour ce qu’il est est, c’est à dire pour une partie de plaisir.

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