18 mars 2008

Un homme est passé (1955) de John Sturges

Titre original : « Bad Day at Black Rock »

Un homme est passé Elle :
(pas vu)

Lui :
Un homme est passé a souvent été décrit comme un western moderne dans le sens où il se passe dans une minuscule bourgade perdue au milieu d’un immense désert de l’Ouest américain et qui semble livrée à elle-même, en dehors des lois. L’arrivée fortuite d’un étranger (Spencer Tracy) va perturber cette petite communauté qui porte un lourd et honteux fardeau. Plusieurs points sont remarquables dans la façon avec laquelle John Sturges aborde cette histoire de lâcheté collective : la mise en scène de l’attente, l’observation, la suspicion, la méfiance, et Un homme est passé l’utilisation du Cinémascope, procédé pourtant très récent (1 an ou 2 au moment du tournage) mais pour lequel le réalisateur montre une maîtrise remarquable, parvenant à amplifier les sentiments d’isolement, de perte d’humanité et d’attente par ces cadrages très larges. Le suspense est maintenu à un niveau constant et élevé pendant les 81 minutes du film, extrêmement efficace, bien soutenu par une interprétation dense et forte.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Spencer Tracy, Robert Ryan, Lee Marvin, Anne Francis, Walter Brennan, Ernest Borgnine
Voir la fiche du film et la filmographie de John Sturges sur le site imdb.com.

7 réflexions sur « Un homme est passé (1955) de John Sturges »

  1. Je me souviens avoir vu ce film un soir sur une vieux poste en noir et blanc. Une histoire jouee par des acteurs extra-ordinaire. Tracy est formidable dans son role d’homme qui vient pour apporter une decoration au pere d’un soldat mort au combat. Robert Ryan est terrifiant et c’est un vrai duel entre lui et Tracy. le reste est une bande de cloportes qui creve de trouille, depasse par la monstruosite du crime qu’ils ont laisse faire. Seul le sheriff finit par trouver le chemin de la redamption. Un film a passer d’urgence a une heure de grande ecoute. Une formidable leçon sur la tolerance et le renversement des valeurs etablies et des idées reçues.

  2. grand film!
    Il faut attendre 50mn ( j’ai compté ) pour que l’action commence. Mais ça en vaut la peine. L’action et l’émotion ensemble, qui s’équilibrent.

  3. Un film que j’ai vu il y a fort longtemps et qui m’avait bien plu. Sturges est un cinéaste assez minoré par les cinéphiles par rapport à un Ford ou à un Hawks, ce que je trouve totalement injustifié !

  4. Bonjour,

    Très grand film, très beau sujet, très bons acteurs. Ce genre de film devrait repasser plus souvent sur de grandes chaînes TV, alors que bien souvent elles repassent des navets. C’est sans doute en voyant ce film que j’ai décidé de faire du Karaté-Do, c’est un peu couillon, mais j’ai 62 ans et j’en fait toujours dans cet esprit de tolérance, de ne pas avoir peur de protéger les faibles.
    Bye.
    Chris.

  5. Preuve de l’influence du cinéma et des valeurs que véhiculait le genre du western (cf. le commentaire ci-dessus signé denisty christian). Ceux qui prétendent que les films n’exercent aucune influence sur la pensée ou le comportement des spectateurs se payent notre tête. Le western comme exemplum virtutis? Pourquoi pas? En tout cas, sans placer J. Sturges au niveau de cinéastes comme Ford, Hawks, Mann ou Boetticher, il est en effet assez injuste de le considérer désormais comme quantité négligeable alors qu’on lui doit tout de même quelques longs-métrages qui se laissent encore regarder avec grand plaisir. En vrac : « Fort Bravo », « Règlement de comptes à OK Corral », « Le Trésor du Pendu », « Coup de fouet en retour », « Les sept mercenaires », « Sept secondes en enfer » ou, bien sûr, « Un homme est passé » (Bad Day at Black Rock) qu’un critique comme Paul Simpson va même jusqu’à inclure dans sa liste des dix meilleurs westerns, en neuvième position, pour être tout à fait exact, alors même que son appartenance au genre pourrait se discuter. Ce film est digne d’éloges. De par la qualité de sa cinématographie, sa mise en scène, sa tension dramatique ou son interprétation ; Spencer Tracy en tête mais aussi Robert Ryan, Lee Marvin, Ernest Borgnine, Dean Jagger, Walter Brennan… A signaler qu’il existe de ce film un remake western-western, « Joe Dakota », de Richard Bartlett, avec le sous-estimé Jock Mahoney, entouré de trognes indissociables du genre : Claude Akins, Lee Van Cleef, Charles McGrath… Le film de John Sturges reste néanmoins bien au-dessus de cette réinterprétation qui n’est pas exempte de charme.

  6. John Sturges a eu la main heureuse en tournant BAD DAY AT BLACK ROK (titre à consonance tranchante en VO). Il a rencontré là un scénario parfait dans lequel ce réquisitoire contre la lâcheté collective se lit exactement en parallèle à la chasse aux sorcières américaine. On hésite à le qualifier de western.Encore une fois le personnage de l’inconnu (âgé et manchot, en plus!) qui débarque du train au début (alors que le train ne s’arrête jamais là) et qui le reprendra à la fin dans les mêmes conditions, s’avère payant, d’autant qu’il se retrouvera au fur et à mesure seul contre tous, seul contre toute une ville! Effectivement la mise en scène en Scope (à voir sur grand écran) et la concision de l’ensemble (un seul lieu, un seul temps, une seule action) sont remarquables et atteignent au classicisme. Film à étudier de près dès le générique (dont on peut imaginer le rendu s’il avait été tourné en un seul plan séquence jusqu’à l’a descente du train)

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