5 mars 2008

La Splendeur des Amberson (1942) de Orson Welles

Titre original : The Magnificent Ambersons

La splendeur des AmbersonsElle :
Ce film intense sur l’amour impossible à la fin du XIXe siècle entre un génial inventeur automobile (Joseph Cotten) et la fille d’une riche famille (Dolores Costello) illustre le déclin d’une certaine aristocratie et la montée d’une bourgeoisie plus libérale. La déchéance progressive de ces Ambersons, motivés pour certains par l’amour mais pour d’autres par la jalousie et la haine, est admirablement mise en relief par la mise en scène inventive de Welles.
Note : 5 étoiles

Lui :
Avec La Splendeur des Amberson, Orson Welles nous offre un très beau film qui mêle amour impossible, saga familiale et analyse sociale. Tourné un an après son premier film Citizen Kane, on y retrouve les éléments qui feront la personnalité de tous ses films : un jeu de caméra fougueux et osé, une utilisation de l’ombre et de la lumière, les plans-séquences (scènes tournées sous leur forme définitive, sans montage ultérieur). Tous ces éléments contribuent à donner de la force à La Splendeur des Amberson qui devient ainsi un film à la fois émouvant et captivant avec, une fois de plus, un personnage principal que l’on aime haïr. Le film a été amputé par la RKO de sa dernière demi-heure, jugée trop déprimante. Les coupes réalisées sont, semble t-il, perdues à jamais.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Joseph Cotten, Dolores Costello, Anne Baxter, Tim Holt, Agnes Moorehead
Voir la fiche du film et la filmographie de Orson Welles sur le site imdb.com.

Voir les autres films de Orson Welles chroniqués sur ce blog…

2 réflexions sur « La Splendeur des Amberson (1942) de Orson Welles »

  1. Ce film mérite largement 5 étoiles et plus. J’ai rarement vu un aussi beau film, d’une poignante nostalgie. Joseph Cotten a naturellement le charme et la prestance d’un aristocrate sudiste

  2. SPLENDEUR ET MISERE d’Orson
    Je continue mon voyage avec celui qui n’est déjà plus dès son second film le golden boy d’Hollywood de ce début des années 40 puisqu’il ne put obtenir (en partie par sa faute) les mains libres et pleins pouvoirs sur cette splendeur annoncée vite devenue pour lui objet de misère. Adapté d’un prix Pullitzer qu’Orson avait déjà mis en ondes dans ses émissions radiophoniques avec la CBS – c’est dire s’il y tenait! – cette saga historico-familale sur la décadence d’une aristocratie face à l’ascension sociale d’une classe bourgeoise, sujet viscontien avant l’heure, est une douche froide pour qui sort encore tout ébaubi de Citizen Kane, tant ce deuxième film semble avoir été fait contre le premier. Il reste en effet peu du coup de tonnerre d’envol cinématographique d’Orson. On se dit : « Mais c’est du William Wyler! », cinéaste coté de l’époque pour ses adaptations littéraires du siècle passé, ses longs plans séquences valorisant les acteurs dans un jeu psychologique, la profondeur de champ des cadrages; je n’ai rien contre WW mais on n’attendait pas ça d’Orson, pas cette forme classique, lisse, linéaire, fixe. N’était-ce la voix off d’Orson narrateur (le seul de ses films où il ne joue pas) énonçant le générique final, on pourrait s’y tromper. De plus ce film d’1h30 parait interminable, malgré, ou à cause des coupes drastiques opérées par le studio de la RKO et toujours le même monteur (Robert Wise avec qui Orson se fâchera). C’est également souvent d’un effet un peu trop théâtral avec ce surjeu de l’époque de la part de l’équipe des comédiens du Mercury qui ont malgré tout pas mal répéter leurs scènes, certains étant meilleurs que d’autres. Les rapports d’Orson au théâtre dans ses films seront récurrents, jusqu’à la façon de filmer les comédiens frontalement comme s’ils étaient sur une scène
    Bon, évidemment, ce n’est pas un navet, juste un film un peu malade, qui aurait pu aboutir à autre chose. Il y a de beaux moments avec des jeux de clairs obscurs, un plan séquence panoramique de toute splendeur dans l’escalier des Amberson, une étonnante scène de bal, une certaine rigueur, c’est dire la déception
    Orson va mettre du temps à remonter la pente, regagner la confiance, retrouver une chance d’auteur et renouer avec l’ensemble des strates premières, car ce n’est pas Le criminel (L’Etranger), film suivant assez plat, hormis sa séquence finale baroque qui le sauve un peu, qui va y contribuer. Ca se fera (en partie) avec La dame de Shanghaî, mais il faudra patienter jusqu’aux adaptations shakesperiennes pour retrouver la vraie splendeur d’un génie
    (à suivre)

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