10 août 2006

« Docteur T & les femmes » (2000) de Robert Altman

Titre original : « Dr T and the women »

Docteur T et les femmesElle :
C’est sûr que ce film de Robert Altman ne donne vraiment pas envie d’appartenir à la gent féminine névrosée de la bourgeoisie américaine. Ce portrait au vitriol d’une certaine classe de femmes riches, oisives et écervelées peut ne pas plaire et certains n’y verront qu’un brûlot misogyne et réducteur. Pour ma part, j’ai trouvé cette caricature amusante et assez révélatrice de certains milieux où les femmes se cantonnent à être des potiches peinturlurées et décérébrées. Bien évidemment, Richard Gere en gynécologue blindé surmonte les débordements de ses patientes, de sa femme et ses filles avec courage et tact. Malgré une fin un peu poussive, on passe un bon moment.
Note : 4 étoiles

Lui :
Robert Altman se livre à une satire assez mordante des femmes de la bonne société américaine. Le tableau qu’il nous dresse est assez impitoyable mais tout porte à croire volontiers qu’il est basé, au moins en partie, sur la réalité… Il va même assez loin, puisque la seule femme différente, moins superficielle et plus affranchie, se révèlera être insensible et égoïste. En tout cas, ce film féroce est parfaitement mis en scène avec beaucoup de verve. Très drôle, voire jubilatoire, il fait passer un bon moment tout en nous renvoyant une certaine image (un peu terrifiante) de la société américaine. Il n’est pas étonnant que ce film fut rejeté par un grand nombre de spectateurs Outre-Atlantique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Richard Gere, Helen Hunt, Farrah Fawcett, Laura Dern, Shelley Long, Tara Reid, Kate Hudson, Liv Tyler
Voir la fiche du film et la filmographie de Robert Altman sur le site imdb.com.

4 réflexions sur « « Docteur T & les femmes » (2000) de Robert Altman »

  1. Là, je vous trouve bien généreux avec ce film !!! lol lol lol
    J’avais trouvé Gere bien pale, l’histoire facile et cul-cul…vraiment un mauvais film d’un vieux monsieur qui essaye de faire une comédie enlevée…mais qui n’y arrive pas, les « rebondissements » sont prévisibles et vraiment pas innovants, l’atmosphére générale est « superficielle »…trop superficielle…moi, j’aurais une demie étoile…Altman ou pas…lol

  2. Je suis d’accord avec les commentaires précédents: j’ai trouvé ce film factice – et je vous trouve bien indulgent!…
    Même sentiment avec the Player (quoique ce dernier soit un peu plus réussi que ce Dr T, que j’ai fini en vitesse 8…)
    Quant à Prêt-à porter, n’en parlons pas: une catastrophe.
    D’un autre côté, j’ai beaucoup aimé Le Privé, , Short Cuts, Un mariage et -surtout – Gosford Park.
    Bref, Altman est, pour moi, un metteur en scène aussi intéressant qu’inconstant.

    PS: D’accord avec vous sur Mash.

    (PPS: Votre site est agréable à visiter.)

  3. Comme l’a écrit un critique, ce film doit être vu plusieurs fois pour être digéré. C’est qu’il est parsemé de signaux infraliminaux qui méritent peut être mieux qu’un regard inattentif. Ainsi la place du Dallas Center dans le film et la vision de plusieurs affiches ou tableaux représentant des américains célèbres assassinés (les frères Kennedy, Martin Luther King), de même que le choix du prénom Marylin, le stéthoscope jeté dans la pizza, l’outil qui nourrit le médecin, le sang et les tomates, mais ce peut n’être qu’une coïncidence). Allusion verbales aussi, discrètes (le Dr T. considère son fusil comme une femme parfaite… et c’est avec ce fusil – avec cette femme parfaite donc – qu’il tire le meilleur coup). On l’a dit de Kubrick qui aurait parsemé « Shining » de détails subliminaux. Il y a peut-être matière dans « Dr.T. et les Femmes » à la même dissection attentive, c’est une sensation insidieuse qui peut effleurer dès le premier quart du film.
    Quant au scénario, il est surprenant qu’il ait été écrit par une femme, Anne Rapp, qui n’est pas plus tendre dans ce film avec le modèle potiche décérébrée de la femme modèle américaine (ciblée Beverly Hill ou Tiffany’s) qu’avec Bree (interprétée par une Helen Hunt dont le jeu est assez voisin dans ce film de celui de Jody Foster). Bree est l’autre facette de la femme américaine qu’on admire, ou que les Sue Ellen Ewing admirent peut-être, une de ces Jane Fonda, Nicole Kidman (pas dans « Portait de Femme » !) Jody Foster (justement !), Sigourney Weaver, Gena Rowlands et, ne l’oublions pas, Barbra Streisand. Car Bree est libre, certes, simple jusqu’à la virilité (son intérieur pourrait être celui de Richard Gere dans « « American Gigolo »), certainement, authentique, mais décrite comme égoïste et peut-être sans coeur (elle se moque un peu de son amant qui est peiné d’apprendre que sa fille aime les femmes). On pourrait ajouter que la similitude avec le jeu de Jody Foster, qui ne se cache pas de cette préférence, n’est pas anodine. Voilà encore un détail auquel on peut ne pas penser.
    Il est difficile d’accepter sans réaction l’improbable fin, une tornade qui emporte voiture et occupant presque sans dégât à des centaines de kilomètres de là. Si cette issue ne sert que l’heureux événement (pour le Dr.T.) de l’augmentation du nombre de garçons sur Terre, le symbolisme est trop appuyé, trop mis en valeur, pour ne pas être ridicule. C’est le Deus ex-machina dont le film n’avait pas besoin.

    Les personnages :

    Le choix de Richard Gere n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser. Il est vrai que son nom à l’affiche fait vendre, et on pourrait lui reprocher – on l’a fait – de ne pas savoir jouer autre chose que les rôle de bel homme, gigolo « American Gigolo ») ou aviateur (« Officier Gentleman »). Pourtant, comme dans le premier film cité, il colle parfaitement à ce rôle d’homme qui, voyant pourtant les femmes dans une intimité que de nombreux machistes envieraient, n’est ni blasé, ni profiteur. Il aime profondément la femme (sans jeu de mot) et tout particulièrement la sienne. Séduit par Bree (elle le tente en passant nue sous – ou plutôt au-dessus- de ses yeux dans l’appartement où elle l’a invité) il a une réelle hésitation avant de reposer sa veste et de la suivre jusqu’à son lit), il sera sincère. Ce n’est pas un être léger.
    Une note particulière sur la secrétaire qui espère séduire son patron : ce personnage est peut-être, avec Bree tout de même, le plus vrai, le plus touchant. Elle est l’antithèse de Bree, au point qu’on peut se demander si l’on n’aurait pas pu faire le même film en ce contentant de ces deux personnages. Il eut été plus digeste.

    In Fine :

    Oui, il y a peut-être « trop de notes » dans Dr.T. et les Femmes… mais ce film n’est pas, loin s’en faut, une symphonie.

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