9 juin 2005

Affreux, sales et méchants (1976) d’ Ettore Scola

Titre original : « Brutti sporchi e cattivi »

Affreux, sales et méchants Elle :
Avec Affreux, sales et méchants, Ettore Scola pose un regard féroce sur la société italienne des années 70, cette société qui laisse de côté de pauvres gens vivre dans des conditions misérables au milieu des immondices. C’est un Nino Manfredi méconnaissable qui incarne un père de famille nombreuse obsédé par son pécule qu’il craint de se faire voler par sa propre famille. Le réalisateur nous fait pénétrer au cœur de la vie d‘un bidonville sur les hauteurs de Rome. Il filme crûment ces gens qui vivent dans la crasse, la promiscuité, la haine, la violence. Il n’hésite pas à montrer les corps difformes, la saleté, les scènes de sexe. C’est du cinéma brut à la façon du néoréalisme italien. Il mêle les situations tragiques, choquantes et cocasses. On passe du rire à la tristesse puis à la révulsion. Le mérite d’Ettore Scola est de dénoncer de façon satirique ces drames sociaux sans jamais faire de grand discours idéologique.
Note : 4 étoiles

Lui :
Ettore Scola choisit l’humour et la dérision pour montrer les conditions d’extrême pauvreté qui existent en cette seconde moitié de XXe siècle. Dans son Affreux, sales et méchants, Nous sommes dans les années 70, à la lisière d’une grande métropole, Rome dont le dôme du Vatican est visible au loin. De la splendeur de Rome, c’est tout que nous verrons puisque le film prend place dans un endroit mi-décharge, mi-terrain vague, où vivent quelques familles entassées dans des baraquements de fortune. Cependant, au lieu d’opter pour un film néo-réaliste, Scola nous offre une comédie, où cette famille incroyablement nombreuse est menée tant bien que mal par un père particulièrement pittoresque. Par de nombreuses trouvailles de scénario et de mise en scène, Scola maintient l’intérêt du spectateur tout au long du film, sans aucun temps mort et soutenu par une caméra étonnamment mobile. On rit franchement et c’est cela qui est admirable dans ce film car en même temps Scola parvient indéniablement à faire passer son message.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Nino Manfredi
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24 avril 2005

Sciuscià (1946) de Vittorio De Sica

SciusciaElle :
Tout comme dans Le Voleur de Bicyclette, Vittorio de Sica met en scène des enfants des rues dans l’Italie de l’après-guerre. La misère règne et les familles ne mangent pas à leur faim. Deux enfants cireurs de chaussures sont laissés à l’abandon, trempent dans des mauvais coups pour gagner un peu d’argent et finissent dans une prison. De Sica parvient à saisir avec émotion le tragique parcours de ces enfants, leurs moments de joie, leur désespoir, leur lutte pour survivre, leur attente de jours meilleurs, les rudes conditions de vie de cette période, l’incohérence de la justice qui doit emprisonner des gamins qui volent pour manger. C’est un témoignage fort et poignant sur cette triste période d’après Mussolini.
Note : 5 étoiles

Lui :
Tourné 2 ans avant Le voleur de bicyclette, ce film de De Sica traite un peu du même thème, la survie dans la l’Italie de l’après-guerre de jeunes gamins livrés à eux-mêmes. Il le fait sans misérabilisme, soulignant par là le fait que ce sont surtout les circonstances qui leur enlèvent tout avenir. Très réaliste, mais filmé avec beaucoup de sensibilité, le cinéma de De Sica émeut et touche assez profondément, même 60 ans après sa sortie.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Franco Interlenghi, Rinaldo Smordoni
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Remarque :
Luis Bunuel raconte dans ses mémoires que Sciuscià l’avait incité à tourner Los Olvidados.

23 février 2005

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970) d’ Elio Petri

Titre original : « Indagine su un cittadino al di sopra di ogni sospetto »

EnquetecitoyenElle :
Je revois ce film pour la deuxième fois et 30 ans plus tard. On est au début des années 70 en Italie et les autorités italiennes se livrent à la chasse aux gauchistes et aux communistes. Elio Piétri se livre à une satire féroce des institutions et de la corruption de la société italienne. Il choisit un commissaire de police assoiffé de pouvoir et pervers pour illustrer son propos. Il tue sa maîtresse, laisse des indices pour se faire accuser, va jusqu’à s’accuser du meurtre mais l’institution policière ne veut pas de remous et ferme les yeux. C’est un portrait sans concession et sans doute un peu trop tranché mais la démonstration est efficace. Gian Maria Volonté interprète brillamment un policier froid, sans scrupules et implacable.
Note : 4 étoiles

Lui :
Vu avec du recul, ce film de Pietri semble bien porter toutes les qualités et les défauts de son époque. Du côté des qualités, il y a ce cinéma très inventif, avec une caméra très libre, un déroulement du scénario parfait et une rigueur certaine dans la mise en scène. Du côté de ses défauts, il y a surtout cette façon de grossir le trait, le personnage principal prenant même certains côtés burlesques tant il est caricatural et poussé à l’extrême. Il n’en reste pas moins que le film est intéressant et au delà de la satire de la police, il y a une certaine réflexion, un peu brute et simpliste tout de même, sur le pouvoir.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Gian Maria Volonte, Florinda Bolkan
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8 février 2005

Un coeur ailleurs (2003) de Pupi Avati

Titre original : « Il Cuore altrove »

Un coeur ailleurs Elle :
Film au charme suranné qui fleure l’ambiance des années 20 en Italie. Il s’agit de l’amour fou d’un jeune professeur naïf et timide pour une belle italienne aveugle qui le manipule afin de rendre jaloux son ancien amant. Le jeune homme accède à ses caprices sans sourciller mais la belle retrouve la vue et le laisse tomber lamentablement. La mise en scène de cette relation est un peu poussive et ennuyeuse. Les portraits des parents sont nettement plus amusants. Le père, tailleur du Pape est plus déluré que son fils. Les dialogues ne manquent pas d’humour.
Note : 3 étoiles

Lui :
C’est une film gentiment désuet, dont le personnage principal est d’une naïveté telle que cela ne peut en être que touchant. Il est juste dommage que se dégage une certaine futilité à tout cela, et cela a beau être charmant, on n’en est pas moins persuadé de l’oublier assez rapidement…
Note : 3 étoiles

Acteurs: Neri Marcoré, Giancarlo Giannini
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4 février 2005

Pinocchio (2002) de Roberto Benigni

PinocchioElle :
On l’aime bien Benigni mais là, il pousse un peu. En dépit des moyens engagés pour la réalisation, il ne parvient pas à capter l’auditoire. C’est plus une occasion pour lui de se faire plaisir, faire le pitre, virevolter dans tous les sens et parler à tort et à travers. On préfère nettement l’histoire originale avec des vraies marionnettes en bois.
Note : pas d'étoiles

Lui :
Benigni s’en donne à coeur joie dans ce film pour donner vie à un Pinocchio qui ressemble à une véritable tornade… Il en fait vraiment beaucoup!
Note : pas d'étoiles

Acteurs: Roberto Benigni
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15 novembre 2004

Femmes entre elles (1955) de Michelangelo Antonioni

Titre original : « Le Amiche »

Le amicheElle :
Adapté d’un roman de Cesare Pavese, Antonioni brosse le portrait acide d’un groupe de femmes frivoles appartenant à la grande bourgeoisie italienne. On assiste à leurs intrigues, jalousies et commérages. De par leur talent, elles dominent les hommes qu’elles rencontrent mais cherchent à garder leur indépendance au risque de connaître la solitude. Parfaitement mis en scène et filmé dans un beau noir et blanc, la superficialité des conversations et des situations finit par lasser quelque peu.
Note : 3 étoiles

Lui :
Ce film d’Antonioni met en avant un petit de groupe de femmes de Turin, riches et plutôt oisives, qui cherchent à transformer leurs amourettes en amours durables. C’est aussi une certaine satire de la futilité des milieux aisés et branchés de la bourgeoisie italienne et aussi dans une certaine mesure de la difficulté des rapports hommes femmes. Si le scénario peine un peu à nous passionner vraiment, le film n’en pas moins remarquable par sa forme, admirablement filmé de façon précise et fluide.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Eleonora Rossi Drago, Gabriele Ferzetti, Franco Fabrizi
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12 novembre 2004

Senso (1954) de Luchino Visconti

SensoElle :
Je n’ai pas été très emballée par ce film de Visconti considéré comme un chef d’œuvre. L’Autriche a envahi Venise et les patriotes italiens tentent de les contenir. C’est l’histoire d’une passion dévorante et destructrice d’une princesse vénitienne pour un lieutenant autrichien intéressé par son argent. La reconstitution de cette époque trouble est flamboyante. Visconti dissèque les facettes de cette aristocratie. Sous ses airs de façade, son prestige se craquelle ; leurs représentants trahissent leur caste et tombent dans la déchéance des sentiments amoureux. Je reprocherai la longueur des échanges entre la princesse et le lieutenant. qui finit par nous les rendre agaçants. Dans l’ensemble, je trouve que le film n’a pas très bien vieilli.
Note : 3 étoiles

Lui :
S’il émane une indéniable beauté classique de ce film de Visconti, force est de constater que l’on s’ennuie un peu à suivre cette histoire de passion fatale et destructrice. Que Visconti utilise ce thème pour montrer une certaine déchéance de l’aristocratie est certain, mais ces longs tête-à-tête sont un peu répétitifs. Il reste la forme, une mise en scène très belle, précise, toute en harmonie avec la musique de Bruckner.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Alida Valli, Farley Granger
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