Lui : (muet, 11 mn) Adapté d’un roman d’Edgar Poe, La chambre scellée nous emporte à l’époque Renaissance. Un comte fait construire un petit nid d’amour pour lui et sa concubine, une pièce avec une porte pour seule ouverture. Surprenant sa bien-aimée dans les bras de son musicien, il va les enfermer en murant cette porte. L’action est ici assez réduite, Griffith s’efforçant de créer avant tout un certain suspense. Il se concentre sur le trio principal et joue en partie avec les regards. A noter la présence dans des rôles de figuration de Mack Sennett (l’un des soldats) et de Mary Pickford (l’une des courtisanes).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui : (muet, 14 mn) Un magnat spécule pour faire monter les cours à la Bourse du blé, ce qui fait doubler le prix du pain. Le film est remarquablement bien construit et rythmé, Griffith opposant par un montage judicieux le monde des paysans travailleurs, qui semblent accablés par toute la misère du monde, et le monde de quelques riches citadins, insouciants et profiteurs. Les scènes ont ici beaucoup de force et, ce, tout au long du film. Le film est vraiment abouti et étonnamment moderne. Une curiosité : un plan faussement fixe, la queue dans la boulangerie, un plan où les acteurs tiennent la pose ; la scène évoque un tableau.
Note :
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Remarque :
Les acteurs qui interprètent la femme et la fillette du fermier jouaient dans le tout premier film de Griffith, The Adventures of Dollie. On les retrouve dans de nombreux courts de Griffith.
Titre original : « The house with closed shutters »
Lui : (muet, 16 mn) Pendant la Guerre de Sécession, une jeune femme Grace Henderson), patriotique exaltée, prend la place de son frère (Henry Walthall) qui se révèle être trop lâche. Elle est tuée sous son identité lors d’un combat et le frère doit rester caché pour sauver l’honneur de la famille. Le film est largement surjoué par tous les acteurs, ce qui donne une certaine grandiloquence à l’ensemble et lui enlève hélas toute force. En revanche, les scènes d’action et de combats sont assez remarquables, l’une d’entre elles étant en plan large, filmée avec beaucoup de soin et une certaine nombre de figurants, une scène qui préfigure Naissance d’une Nation.
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui : (muet, 17 mn) Un usurier envoie ses agents collecter l’argent auprès de familles pauvres parfaitement incapables de payer. Ils saisissent les meubles. Comme pour le film Les spéculateurs (Corner in wheat), David Griffith réalise un montage parallèle pour montrer le fort décalage entre les riches profiteurs, dénués de toute compassion, et les pauvres qui luttent pour simplement survivre. Le propos ici est plus brutal puisque l’usurier est qualifié plusieurs fois dans les intertitres de suceur de sang et que sa mort (assez tragique) est présentée comme une délivrance et un bienfait. A noter la présence de Mack Sennett (l’un des usuriers) et de Mary Pickford (la jeune fille couchée et invalide).
Note :
Lecteurs : (pas de note pour l'instant, vous pouvez noter ce film)
Lui : (muet, 18 mn) Parmi ses deux prétendants, une jeune fille choisit le moins timide et l’épouse. Quelques mois plus tard, ils se retrouvent tous les trois dans une caravane de chariots en route vers l’Ouest. Attaqués par les indiens en zone désertique, les deux hommes doivent trouver de l’eau. The last drop of water est l’un des premiers westerns de Griffith. Il est entièrement tourné en extérieurs et fait intervenir plusieurs dizaines de figurants. Bien que l’action soit le plus souvent bien centrée sur le trio principal de personnages, le déroulement et le propos restent un peu confus. Les scènes d’attaque des indiens semblent un ton en dessous des scènes de guerre de Sécession que Griffith a précédemment mises en scène dans d’autres films courts.
Note :
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Titre original : « Blind husbands »
Autre titre français : « La loi des montagnes »
Lui : (film muet) Après avoir été l’assistant de Griffith ou d’Emerson et joué de nombreux rôles secondaires (1), Erich von Stroheim réalise son premier film en 1919. Il en a écrit le scénario et interprète l’un des trois rôles principaux. Dans un petit village des Alpes autrichiennes, un officier, redoutable homme à femmes, jette son dévolu sur une touriste américaine, épouse négligée par son mari, médecin et alpiniste chevronné. Si cette histoire de triangle amoureux est moins complexe que celle de ses films suivants, Maris Aveugles apparaît fortement marqué par l’empreinte d’Erich von Stroheim : le film comporte déjà cette atmosphère légèrement décadente et bon nombre d’éléments de scénario et de style qu’il poussera ensuite jusqu’à la perfection. Le film est franchement en avance sur son époque par le jeu retenu des acteurs et le scénario se déroule, non pas au moyen d’une profusion de mouvements, mais plutôt par des attitudes, des regards, des petits évènements. L’ensemble paraît ainsi beaucoup plus naturel. Maris Aveugles fut un grand succès, critique et populaire, Erich von Stroheim apportant ainsi aux jeunes Studios Universal (qui n’avaient alors que quatre ans d’existence) leur premier grand titre, le premier film pourvoyeur de rentrées financières réelles et d’une reconnaissance artistique. De son côté, Eric von Stroheim aura ensuite les coudées franches pour tourner ses films suivants qui furent ainsi bien plus dispendieux et aussi plus complets et plus aboutis.
Note :
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Remarques : * Par son contrôle complet sur tous les aspects du film (écriture, interprétation, réalisation) et par sa vision personnelle, Erich von Stroheim peut être ainsi considéré comme le premier véritable auteur de cinéma. * Il faut signaler que, parmi les films réalisés par Erich von Stroheim, Blind Husbands est le seul qui ne fut pas mutilé par les coupes des Studios : la version de 92 minutes qui est parvenu jusqu’à nous est donc celle qu’a voulu Stroheim (hormis le titre, puisqu’il voulait l’appeler « The Pinnacle », le nom de la montagne qu’ils vont escalader). Il existe toutefois une version de 68 minutes.
(1) Dans la seconde moitié des années 1910, Eric von Stroheim s’est vu rapidement cantonné aux rôles de personnages cyniques et cruels. Son style d’officier prussien guindé était parfait en ces années de guerre pour personnifier les méchants de toutes sortes. Cela lui valut le surnom de « l’homme que vous aimerez haïr » (« the man you love to hate »).
Lui :
Seconde adaptation du roman de Raymond Chandler « The high window » (publié en France sous le titre « La grande fenêtre »), The Brasher Doubloon met en scène une enquête du détective Philip Marlowe. Le début du film le montre arrivant dans une vaste demeure où il est accueilli par la jolie secrétaire de la vieille dame qui l’a convoqué : on lui annonce que son travail est de retrouver une rarissime pièce de monnaie qui a disparu du coffre. Ce début de film n’est pas sans rappeler Le Grand Sommeil et les première minutes nous mettent rapidement dans l’atmosphère typique des romans de Chandler. L’intrigue est bien entendue compliquée mais reste facilement compréhensible. George Montgomery manque un peu de présence et donne une interprétation un peu fade de Philip Marlowe, surtout en comparaison avec les autres adaptations de Chandler de ces années quarante. John Brahm, réalisateur d’origine allemande auquel on doit la meilleure adaptation de Jack l’Eventreur, parvient à insuffler un peu de style gothique dans certains seconds rôles mais cette touche est certainement trop discrète. The Brasher Doubloon reste toutefois plaisant à regarder. Le film est rarement diffusé à la télévision et il n’est jamais sorti en salles en France.
Note :
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Remarques :
1) The Brasher Doubloon est la dernière apparition de Philip Marlowe avant un certain temps. Il faudra en effet attendre 22 ans pour qu’il réapparaisse sur le grand écran. Il faut dire que Raymond Chandler avait publié fin 1945 un article dans The Atlantic Monthly où il disait ouvertement ce qu’il pensait des scénaristes d’Hollywood… Après cet article, les producteurs n’étaient plus très bien disposés à son égard.
2) L’interprétation de Fritz Kortner (Rudolph Vannier) fait vraiment penser à Peter Lorre!
Précédente adaptation du roman The High Window : Time to kill (1942) de Herbert I. Leeds avec Lloyd Nolan et Heather Angel, version plutôt supérieure à son remake.
Lui :
Dans le grand Ouest de la fin du XIXe siècle, la petite ville d’Appaloosa est terrorisée par les hommes d’un ranch voisin. Les notables engagent un marshal réputé et son adjoint pour rétablir la loi. L’arrivée d’une jeune veuve ne va pas simplifier les choses. On l’aura compris, Appaloosa n’est pas remarquable par son originalité, il l’est plutôt par son classicisme et par la force de ses deux personnages principaux. Pour sa seconde réalisation, Ed Harris sait trouver l’équilibre parfait et met en place une atmosphère forte en utilisant avec dosage les canons du western. Le rythme est joliment lent avec une histoire simple qui se déroule implacablement. Ed Harris et Viggo Mortensen forme un duo très soudé qui transmet sa cohésion au film. Belle photographie. Appaloosa est un beau western classique, dans le meilleur sens du terme.
Note :
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Voir les autres films de Ed Harris chroniqués sur ce blog…
Remarques : * Appaloosa est aussi le nom d’une race de chevaux de selle, reconnaissables à leur robe tachetée. * Ed Harris ne fait pas que jouer, diriger et scénariser : il a co-écrit et interprète lui-même l’une des chansons du film (la seconde du générique, juste après Tom Petty…) * Le rôle du juge est interprété par Bob L. Harris, le père d’Ed Harris.
Lui :
Le rédacteur en chef d’un journal d’enquêtes policières se retrouve recherché pour un méfait qu’il n’a pas commis. Son journal ayant pour habitude de tout faire pour trouver les coupables avant la police, il se retrouve ainsi à mener une chasse à l’homme contre lui-même… tout en s’efforçant de confondre le vrai coupable. Le spectateur de La Grande Horloge sait, dès les premières minutes, que le héros va se retrouver injustement traqué, donc le suspense n’est pas là. La plus grande partie du film est un flashback : au départ, on se demande donc de quoi il va être accusé et ensuite on voit l’étau se refermer inexorablement sur lui. Solidement construit, le film voit son rythme s’accélérer sans cesse. La mise en scène est techniquement parfaite : une grande partie se déroule au sein d’un grand building de bureaux et de nombreux travelings sont de véritables prouesses techniques (1). Le film est aussi servi par l’excellente interprétation de Charles Laughton et de Ray Milland, tout comme par de très bons seconds rôles (2). On notera une certaine critique sous-jacente du monde du travail dont le symbole de la déshumanisation est cette grande horloge mécanique qui semble tout régir et ce magnat de presse qui vire les gens pour la moindre peccadille. Mais, avant tout, La Grande Horloge est un très bon film noir, un suspense psychologique qui sait nous tenir en haleine.
Note :
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Remarques :
(1) Le tout premier plan de La Grande Horloge est époustouflant : nous sommes face à un très grand building, la caméra se rapproche pour faire un panoramique de haut en bas puis pénètre par une des fenêtres pour enchaîner avec un plan de Ray Milland qui se déplace furtivement dans un couloir. Tout cela en un seul mouvement ininterrompu et aucun raccord visible !
Autre plan étonnant, toujours au tout début du film : la caméra est placée au fond de la cabine d’un ascenseur et nous voyons les portes s’ouvrir 4 ou 5 fois, chaque « étage » ayant un décor totalement différent des autres et tout cela sans aucun raccord !
(2) Le film est en partie, une affaire de famille : Maureen O’Sullivan est la femme de John Farrow et Elsa Lanchester (l’artiste excentrique dans le film) est la femme de Charles Laughton.
A noter au passage que John Farrow est le père de Mia Farrow.
Remake : Sens Unique (No way out) de Roger Donaldson (1987), avec Kevin Costner et Gene Hackman, dont l’intrigue s’est déplacée dans le monde de la politique.
Lui : Walkyrie met en scène l’ultime attentat contre Adolf Hitler, celui qui a été le plus proche de la réussite, le Complot des Généraux de juillet 1944. Grosse production hollywoodienne, le film de Bryan Singer s’attache à en faire une reconstitution minutieuse et assez fidèle, s’efforçant à restituer les moindres détails visibles mais restant en surface du sujet. En faisant l’impasse sur les motivations profondes des participants au complot, le film se révèle en conséquence assez confus dans sa mise en place. Il s’attarde ensuite longuement sur le déroulement des opérations ce qui lui permet de se présenter comme un film de divertissement/action.
Note :
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Voir les autres films de Bryan Singer chroniqués sur ce blog…
Remarques :
Le choix de Tom Cruise pour interpréter le héros de ce film, le Colonel von Stauffenberg, a suscité une importante polémique en Allemagne et ailleurs : l’acteur est en effet connu pour son appartenance à l’Eglise de Scientologie, officiellement considérée comme une secte en Allemagne (ce qui n’est, rappelons-le, pas le cas en France). Le propre fils du Colonel a déclaré : « Il m’est désagréable qu’un scientologue notoire joue le rôle de mon père ». Tom Cruise est également producteur du film.