15 juin 2009

La chevauchée de la vengeance (1959) de Budd Boetticher

Titre original : « Ride Lonesome »

La chevauchée de la vengeanceElle :
(pas vu)

Lui :
Avec un tel titre, on peut éprouver quelque crainte de voir un film insignifiant mais il n’en est rien : La chevauchée de la vengeance est un très beau western, nerveux et dépouillé, qui repose sur un petit nombre de personnages forts. Un ex-sheriff capture un jeune hors-la-loi qu’il doit escorter jusqu’à la ville. Son chemin croise celui de deux ex-brigands qui vont l’aider à convoyer ce condamné en puissance afin de bénéficier eux-même d’une amnistie. La chevauchée de la vengeance Le film est entièrement tourné en extérieurs avec visiblement peu de moyens, ce qui n’empêche pas les scènes d’action d’être franchement convaincantes. Le nombre de personnages est certes réduit mais les caractères se complètent parfaitement pour former un ensemble solide avec un scénario qui déroule impeccablement. Le film repose aussi sur son duo d’acteurs principaux : Randolph Scott est remarquable dans ce personnage droit, obstiné et taciturne, face à lui Pernell Roberts fait indéniablement preuve de charme. La chevauchée de la vengeance se situe à la fin d’un genre cinématographique, les westerns de série B ; c’est un des meilleurs du genre.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Randolph Scott, Karen Steele, Pernell Roberts, James Best, Lee Van Cleef, James Coburn
Voir la fiche du film et la filmographie de Budd Boetticher sur le site IMDB.

Une réflexion sur « La chevauchée de la vengeance (1959) de Budd Boetticher »

  1. Non seulement « La Chevauchée de la vengeance » (Ride Lonesome) est, comme vous l’écrivez, l’un des meilleurs westerns de série B, mais c’est aussi l’un des meilleurs westerns jamais réalisés, toutes catégories confondues. Peut-être faudrait-il préciser que la classification « série B » signale d’abord une limite budgétaire et ne préjuge en rien de la qualité de ce film. « La Chevauchée de la vengeance » fut tourné en… douze jours! Un record. Et pour un budget inférieur au million de dollars. Le résultat est pourtant assez éblouissant. L’utilisation que fait Boetticher du format Scope sert particulièrement bien son propos – comme celui du scénariste Burt Kennedy. Boetticher se refuse au lyrisme caractéristique des meilleurs réalisateurs du genre (John Ford, Delmer Daves…) et le registre adopté n’est pas celui de l’épopée. Aucune référence ou allusion à l’Histoire de l’Ouest. Cinq personnages en mouvement. Un itinéraire déterminé par le désir de vengeance qui anime le personnage principal (Randolph Scott). Le désert à perte de vue. Sauvagerie à l’entour (Mescaleros). Coups de bluff à répétition. Aridité, compacité, tension. Economie maximale. Huis clos en plein air. Minimalisme. Pas le moindre plan qui soit inutile. Aucune ligne de dialogue en trop. Minutage serré. Parfait. Western puissant, essentiel. Et très très beau. Personnellement, plus je le regarde (et je l’ai déjà regardé des dizaines de fois), plus j’en savoure les plus petits détails. Boetticher ne tire pas moins parti de l’espace que les meilleurs « paysagistes » du genre, que sont Ford ou Daves ; et l’efficacité narrative de « La Chevauchée de la vengeance » (comme de « Sept hommes à abattre » ou de « Comanche Station », deux autres chefs-d’oeuvre de Budd Boetticher) place cette oeuvre au même niveau que les meilleurs westerns d’Anthony Mann (« Winchester ’73 », « L’appât »…). A mon sens, une oeuvre inépuisable car d’une forme
    parfaitement aboutie. Impossible de s’en lasser quand on aime vraiment le western.

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