1 janvier 2009

Piège de cristal (1988) de John McTiernan

Titre original : « Die Hard »

Piège de cristalElle :
(n’a pas souhaité le revoir)

Lui :
Lors d’une vaste prise d’otages dans un immeuble de Los Angeles, un policier présent par hasard affronte seul un gang de malfaiteurs. Piège de Cristal joue donc sur le thème du grain de sable qui vient gripper la mécanique. Le lieu, un vaste immeuble quasiment vide, permet aux scénaristes de mettre en place un jeu du chat et de la souris assez sophistiqué doublé d’un aspect David contre Goliath puisque notre héros part quasiment nu face à un commando de spécialistes parfaitement entraînés et préparés. Gros succès populaire, Piège de Cristal a propulsé Bruce Willis sur le devant de la scène avec ce personnage alliant une inébranlable détermination à un humour désabusé. Il faut saluer aussi la belle prestation d’Alan Rickman en malfaiteur froid et impitoyable. Les films d’action modernes n’ont pas souvent la qualité de Piège de Cristal, donc ne boudons pas notre plaisir.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Bruce Willis, Bonnie Bedelia,  Alan Rickman, William Atherton
Voir la fiche du film et la filmographie de John McTiernan sur le site imdb.com.

Voir les autres films de John McTiernan chroniqués sur ce blog…

6 réflexions sur « Piège de cristal (1988) de John McTiernan »

  1. Il est étonnant de vous voir écrire ici que c’est Die Hard qui « a propulsé Bruce Willis sur le devant de la scène ». Heu… ben non : il était déjà sur le devant de la scène via le succès de la série Clair de Lune (Moonlighting), qui lui a même valu l’Emmy Award du meilleur acteur 1987 et le Golden Globe du meilleur acteur de série comique 1987 !

    Dans l’article consacré à Boire et déboires (sorti un an avant Die Hard), vous insistez même dans cette étrangeté en affirmant que « Bruce Willis (…) n’avait fait précédemment que de la figuration ». Il est difficile de considérer que le co-rôle principal de Clair de Lune et le statut de star qui en découlait puisse relever de la simple « figuration ». Un acteur déjà lauréat d’un Emmy Award et d’un Golden Globe de meilleur acteur (et pas de « second rôle », hein…) n’est pas exactement un « figurant ».

    En revanche, il est indéniable que c’est Die Hard qui l’a propulsé en héros de films d’action, et c’est réellement notable. Car c’était en fait une rupture très étonnante. Pas une rupture entre « figuration » et « rôle principal », ni une rupture entre « anonymat » et « célébrité », mais une rupture rare entre « star de comédie » et « héros de films d’action ».

    Aujourd’hui nous connaissons Bruce Willis avant tout comme héros de films musclés et de films d’action, et a-posteriori son début de carrière s’efface (car ne collant pas avec la suite, et interprété de façon anachronique à la lumière de la suite). Avec le recul, il est mécanique de considérer ses premiers rôles comme atypiques (puisque ne rentrant pas dans la case qu’il occupe depuis 1988), dans une logique où il aurait été inévitable qu’il soit un acteur musclé de blockbusters d’action.

    Mais c’est une falsification mémorielle a-posteriori.

    En fait, ce qui est vraiment étonnant, c’est que John McTiernan ait fait appel pour ce film d’action à un acteur comique ! Quelle idée de donner un rôle de sur-homme, de dur à cuire (de dur à abattre comme l’indique le titre anglais) à un acteur qui n’avait alors à son actif que des rôles de comédie ?

    Jusqu’à Die Hard, Bruce Willis était un acteur de série télé loufoque et en train de devenir nouvel acteur fétiche de Blake Edwards (occupant successivement le premier rôle masculin dans Boire et déboires puis Meurtre à Hollywood). Bref, un acteur étiqueté « comédies ». Il aurait pu le rester. Mais John McTierman a fait totalement dévier sa carrière !

  2. Et sinon, moi qui ne suis pas très fan de ce genre de film d’action, j’ai comme vous bien aimé… et j’appuie votre applaudissement de la prestation d’Alan Rickman, comme toujours remarquable.

  3. Que ce soit ici ou dans mon commentaire sur Boire et déboires, je parlais de la carrière de Bruce Willis *au cinéma*. Je ne suis pas certain que la série Moonlighting était très connue en dehors des USA (toutefois, Wikipedia me dit qu’elle a été diffusée sur M6). Par exemple, si je parle de Cybill Shepherd, elle aussi « golden-globbée » pour la même série, il a plus de chance qu’on me citera Taxi Driver plutôt que Clair de lune… 😉

    Bon, mais vous avez raison de dire qu’il en avait acquis une certaine notoriété, d’ailleurs son cachet sur Die Hard (5 M $ d’après IMDB) prouve qu’il était loin d’être un inconnu pour les producteurs…
    Oui, Bruce Willis était plutôt parti au départ pour être un acteur de comédies. Ceci dit, il n’a pas fait que des films d’action par la suite, loin de là, mais il a été marqué à jamais par Die Hard.

  4. Je vais pinailler pour le plaisir de la controverse :-).

    Mais quand vous parlez de Cybill Shepherd, encore une fois, vous le faites depuis 2020… pas en 1987 ou 1988. Donc forcément la notion de notoriété est biaisée, puisque nous sommes totalement hors-contexte, et ce qui était célèbre en 1988 peut être devenu totalement invisible aujourd’hui ! Nous n’avons aujourd’hui plus aucune perception du niveau de notoriété de telle série, de tel acteur ou de telle actrice en 1988 (sauf bien sûr pour celles et ceux qui sont resté·e·s constamment en haut de l’affiche avec un statut stable et identique, puisque dans ce cas nous « projetons » à raison la situation actuelle sur leur situation de l’époque).

    Quand Georges Clooney a fait ses premiers pas au cinéma, il n’avait jusque-là joué que dans la série Urgences (plus quelques rôles très secondaires au cinéma, totalement inaperçus). Pourtant, il était une star !, et personne à ce moment-là ne l’aurait considéré comme un acteur de deuxième plan — et son cachet était en conséquence.

    Quand Jennifer Aniston a fait ses premiers pas au cinéma, elle n’avait jusque-là joué que dans la série Friends. Pourtant, elle était une star !, et personne à ce moment-là ne l’aurait considérée comme une actrice de deuxième plan — et son cachet était en conséquence.

    Quand Bruce Willis a fait ses premiers pas au cinéma, il n’avait jusque-là joué que dans la série Clair de Lune (plus quelques rôles très secondaires au cinéma, totalement inaperçus). Pourtant, il était une star !, et personne à ce moment-là ne l’aurait considéré comme un acteur de deuxième plan — et son cachet était en conséquence.

    Vous me direz que les séries Urgences et Friends étaient plus connues que Clair de Lune ? En France oui, sans aucun doute (mais Clair de Lune était diffusée et connue en France, quand même, ma génération connaissait déjà très bien Bruce Willis !). Mais aux États-Unis, en êtes-vous sûr ?
    Clair de Lune avait eu de nombreux prix, était une des séries majeures de l’époque, et a été suffisamment célèbre et marquante pour avoir même donné son nom à un phénomène redouté des scénaristes de feuilletons : quand un « non-couple à la relation vacharde » finit par se mettre en couple et que ça fait chuter les audiences parce que c’était la tension entre les deux personnages principaux dans un contexte de prévisible romance qui créait une partie de l’intérêt des situations (le Moonlighting Curse ou en français effet Clair de Lune) *. Difficile de négliger la notoriété de cette série et de ses acteurs… en 1988.

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    * La raison de l’effondrement progressif de la série à partir du moment où Shepherd et Willis se mettent en couple est en réalité bien plus complexe qu’un simple effet de « rupture de la tension relationnelle », et sans doute totalement indépendant (en fait, grèves de scénaristes, grossesse de Shepherd, blessures de Willis : accumulation de situations ayant empêché pendant un an d’avoir des épisodes cohérents), mais peu importe : d’une part, à tort ou à raison, cette « mise en couple des héros » est devenue la hantise des scénaristes qui essaient à tout prix de l’éviter, c’est l’une des règles obsessionnelle des scénaristes aujourd’hui ; d’autre part cette hantise est nommée d’après Clair de Lune, ce qui témoigne de l’importance de cette série à l’époque aux États-Unis.

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    Et de toute façon, Die Hard est étonnamment un film d’action tout-à-fait regardable, bien rythmé sans être insupportablement étouffant comme ceux d’aujourd’hui, avec des personnages bien construits et quelques excellents acteurs.

  5. Ce que vous dites à propos de Cybill Shepherd va dans mon sens : si sa notoriété est moindre, c’est parce qu’elle n’a pas eu un tremplin comme Die Hard pour se retrouver « propulsée sur le devant de la scène ». 🙂

    Sinon, j’aurai appris dans cet échange que Moonlighting était une série très suivie (je savais vaguement que Bruce Willis avait joué dans une série TV mais j’aurais été incapable de donner spontanément son nom).
    Et ce que vous expliquez sur le « Moonlighting Curse » est intéressant. Je ne connaissais pas…

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