29 octobre 2005

La Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau

La Reine Margot Elle :
Je suis restée complètement hermétique à cette adaptation du roman d’Alexandre Dumas et ai abandonné à la moitié du film. La mise en scène christique et survoltée de Chéreau sème la confusion et finit par lasser. Elle occulte les véritables enjeux de cette fresque historique et cantonne le spectateur dans un rôle d’observateur lointain et indifférent. La fascination morbide de Chéreau pour les corps ensanglantés et les cadavres me submerge jusqu’à l’overdose. Mieux vaut se replonger dans la lecture du roman.
Note : pas d'étoile

Lui :
Difficile de rester serein face à cette hystérie permanente, cette excitation permanente… on perd rapidement le fil et on assiste de très loin. Et il y a cette attirance assez morbide de Chéreau pour les corps, meurtris de préférence et il nous filme en long et en large le massacre de la Saint-Barthélémy. Tout n’est bien sûr que tragédie (grandiloquente), on est bien fêlé (le roi est bon pour l’asile), on tue à tour de bras, on trahit au petit déjeuner… J’aurais préféré voir la version courte.
Note : pas d'étoile

Acteurs: Isabelle Adjani, Daniel Auteuil, Jean-Hugues Anglade, Vincent Perez, Virna Lisi
Voir la fiche du film et la filmographie de Patrice Chéreau sur le site IMDB.

Voir les autres films de Patrice Chéreau chroniqués sur ce blog…

8 commentaires sur « La Reine Margot (1994) de Patrice Chéreau »

  1. Un fois de plus d’accord à fond avec votre analyse sur « La reine Margot »,vision de Chéreau sur lui-même et ses obsessions qu’on n’est pas obligé de partager.
    Il faudrait retirer Alexandre Dumas du générique.Dumas c’est la truculence,l’amitié,la noblesse d’âme.Tout le contraire

  2. Hystérie, excitation, corps meurtris, si tout cela transpire de ce film, alors Chéreau a réussi le pari de restituer une atmosphère, un état d’esprit.
    Comment filmer la Saint-Barthélémy autrement que comme un déchainement de fanatisme,une fièvre destructrice?
    Je n’ai pas vu de fascination morbide pour les corps ensanglantés, mais une volonté de réalisme.
    Chaque scène travaillée à l’extrême,la musique, la photo, je trouve pour ma part que c’est film est une réussite, forte et sublime,sensible aussi.

  3. Bravo, Mendel, d’avoir eu la délicatesse de dire poliment aux bloggeurs obtus ce qui aurait tout de même dû être évident : auraient-ils donc préféré voir présenter le massacre de la Saint-Barthélemy sans corps meurtris, ensanglantés, sans hystérie et sans excitation! Qu’ils se replongent alors dans la lecture du roman de Dumas sans se répandre en inepties sur un film brillant, et manifestement au-dessus de leur niveau.

  4. Entièrement d’accord avec Mendel et Jonathan. Je viens de revoir la Reine Margot sur le dernier DVD en date (le cut du director) et ce film est absolument superbe. Une merveille esthétique et pourtant non esthétisante, des acteurs au faite de leur art, d’une intimité et d’une impudeur (première qualité d’un comédien) absolues. Je reste ahuri devant les « critiques » de elle, lui et bogart : ils devraient d’urgence arrêter de passer leurs week-ends à Disneyland ou arrêter de prétendre critiquer des films, au choix.

  5. L’Art se nourrit d’Eros et Thanatos. Ce film lui offre un festin proche de l’orgie. Chéreau trahit superbement Dumas et lui impose Shakespeare.

  6. Je tombe sur la critique de nos deux amis sur ce très grand film (et donc bien sur je ne partage pas du tout leurs sensations) et je me range plutôt aux avis des internautes fréquentant le site. Oeuvre puissamment baroque et expressive autant que politique qui s’inspire autant du roman feuilleton de Dumas que du « Massacre à Paris » de l’élisabéthain Marlowe que Chéreau avait déjà monté au théâtre, et d’un roman de Mann sur la jeunesse d’Henri IV. Cette jeune cour de France à la dérive manipulée par la reine mère qui est la seule à avoir une certaine expérience du pouvoir est magnifiquement peinte (des imarendue

  7. Suite: (après erreur de clic) : magnifiquement peinte, interprétée, montée et mise en « sons » aussi bien qu’en « lumières ». S’y dégage aussi un regard d’artiste troublant sur notre siècle (les charniers de la grande guerre et les guerres modernes de fanatisme religieux pour le massacre de la saint Barthélemy).
    Le film révèle un grand travail sur la couleur, annoncé par la pâleur de craie d’Isabelle Adjani et sa robe rouge sang sur l’affiche

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