Elle :
Film culte que l’on revoit avec grand plaisir, cette adaptation du roman d’Alberto Moravia est à la fois grave et lumineuse : pendant la préparation du tournage d’un film, « Ulysse », réalisé par Fritz Lang qui joue ici son propre rôle, nous assistons à la lente déchirure d’un couple (Brigitte Bardot et Michel Piccoli). Camille, simple dactylo cesse d’aimer Paul, le scénariste, car elle le méprise ; elle l’accuse de complaisance face à son producteur. Godard fait un parallèle intéressant avec l’histoire de Pénélope et Ulysse. La forme du film est novatrice. Scènes mythiques entre Piccoli et Bardot dans l’appartement où Godard fait glisser sa caméra d’une pièce à l’autre comme pour amorcer la fracture. Couleurs éclatantes et violentes de Capri où la tragédie va se jouer entre les deux protagonistes dans une maison rouge qui domine une mer éblouissante. Camille est un être simple qui ne parvient plus à dissiper le mépris qui l’habite. Paul est complètement désynchronisé dans sa vie par ce rejet brutal. N’oublions pas de mentionner la magnifique musique de Georges Delerue qui accentue l’ampleur du drame de ce couple.
Note : ![]()
Lui :
A mes yeux, Le Mépris est le plus beau film de Godard, sur un couple en position instable, au bord de la rupture, et sur la naissance et l’amplification d’un sentiment de mépris de l’un envers l’autre. C’est aussi une réflexion sur la puissance de l’argent et de sa toute puissance dans le monde du cinéma. Godard parvient à utiliser parfaitement les atouts de ses acteurs, à commencer par Bardot, sans jamais en abuser. De nombreuses scènes sont de véritables petits bijoux et sont d’ailleurs devenues des classiques, à commencer par ce superbe générique de début, très cinématographique, avec ces noms donnés en voix off sur une superbe musique de Delerue. Tout le film est d’ailleurs à la fois un superbe hommage au cinéma et un grand moment de cinéma, de pur cinéma, de grand cinéma.
Note : ![]()
Acteurs: Michel Piccoli, Brigitte Bardot, Jack Palance, Fritz Lang
Voir la fiche du film et la filmographie de Jean-Luc Godard sur le site IMDB.
Voir les autres films de Jean-Luc Godard chroniqués sur ce blog…
Lire aussi un très beau texte sur le générique et la première scène du film (lien archivé). A noter que ce générique est lu par l’acteur Michel Subor (la voix du narrateur de Jules et Jim, c’était lui également).
Raoul Coutard dans le célèbre générique de Le Mépris de Jean-Luc Godard.
Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans un superbe plan de Le Mépris de Jean-Luc Godard.
Jack Palance, Brigitte Bardot et Michel Piccoli dans Le Mépris de Jean-Luc Godard.
Fritz Lang dans Le Mépris de Jean-Luc Godard.
Oui, des scènes culte et une atmosphère extraordinaire. Godard a été assez fidèle au roman (qui mérite d’être lu).C’est finalement un des moins déroutants de ses films (avec A bout de souffle).
« Et mes jambes, tu les aimes mes jambes ? Et mes fesses, tu les aimes mes fesses ? »…
Piccoli et son chapeau…
« Et mon cinéma, tu aimes mon cinéma ? »
Résumé minimaliste du Mépris.
Que Bardot avait de belles jambes …On n’a jamais aussi bien filmé BB et la Grèce …Merci, Maestro !
ce n’est pas godard qui dit le générique du début, attention!
En revanche, Godard jour le rôle de l’assistant metteur en scène, dans la scène finale (celle du tournage en haut de la maison), celui-ci qui dit le dernier mot du film : « Silenzio ! »… Tout un symbole 🙂
J’ai mis du temps à réagir car j’étais absolument persuadé que c’était Godard qui lisait le générique de début…
J’ai ré-écouté hier et ce n’est manifestement pas sa voix! J’ai corrigé mon texte…
LE MEPRIS vient de se terminer sur arte (toujours un peu à l’étroit sur l’écran car le cadre cinémaScope filmant les protagonistes à chaque bord est parfois coupé à la télé) et je ne peux m’empêcher après la ixième vision de cette indémodable autopsie du moment précis de la fêlure d’un couple (qui fut, comme celles de Bergman ou de Rossellini, en avance sur son temps) d’ajouter encore quelques mots. Et d’abord bravo à Diogène pour son drôlatique résumé minimaliste du film. De Cinecitta à la villa de Malaparte en passant par l’appartement romain et la séance du cinéma Silver où on projette VOYAGE EN ITALIE, l’alfa roméo rouge, la mer bleue, le peignoir jaune et la maison blanche, la répétition à satiété du thème musical, et le film dans le film aux grands aplats de couleurs, tout est si « raccord » que c’en est du grand art; le film avançant dans le temps par lieux avec une grande concision et un sens inné de l’ellipse. Bardot blonde et brune comme dans Vie privée est d’une beauté sans pareil, Piccoli parfait en caricature d’intellectuel cinéphile, double de Godard (mêmes vêtements), et Lang n’ayant plus qu’à terminer seul le tournage de l’Odyssée (il faut le voir allumer ses cigarettes, parler du cinémaScope comme le format convenant aux serpents ou aux enterrements, et avouer à Brigitte que son film préféré est M)
Le commentaire de Diogene est excellent, j’en suis jaloux. C’est dire.
C’est mon Godard prefere malgre la presence de Brigitte Bardot qui n’est pas mon actrice preferee, tres loin de la, je ne l’ai trouvee vraiment bonne que dans « La verite » de Clouzot. Il y a tellement de choses que j’aime dans ce film qu’en faire une liste serait aussi vaine qu’inutile car il est difficile de tout dissocier tellement tout est imbrique l’un dans l’autre. Je considere la partion de Delerue comme etant sa plus belle et la meilleure musique de film jamais composee avec celle de Bernard Hermann pour « Sueurs froides » d’Hitchcock.
Quant au recitant du generique, je crois que c’est la voix de Sami Frey qu’on entend. Il avait deja joue pour Godard dans l’inoubliable « Bande a part » et il etait le compagnon de Bardot a cette epoque.
HOMMAGE à God’Art et donc au CINEMA
Le pape de l’ancienne nouvelle vague vient de disparaitre volontairement à 91 ans
Arte rediffuse LE MEPRIS qui raconte un tournage et son envers
– « Quand il s’agit de faire un film les rêves ne suffisent plus »
Et qui raconte en parallèle un couple et son envers
– « Pourquoi est-ce que tu ne m’aimes plus?
– C’est la vie
– Pourquoi est-ce que tu me méprises?
– Ca, je ne te le dirai jamais »
Le temps n’altère pas une seule image du film, au contraire!
On en retient tellement de choses : dialogues, voix, couleurs, lumières, acteurs, citations, lieux-décors, Scope, musique, générique, langues traduites, vues teintées, voix off, cadres et cadrages, et Godard lui-même en premier assistant de Lang
– « Pourquoi tu prends cet air pensif?
– Figures toi que c’est parce que je pense à quelque chose »
Silencio…Fin…
B.B.
Mince, mais c’est ma troisième intervention sur ce film, non qu’il soit le fétiche de ma vie, mais vous l’avez compris, écrire sur le mépris est un alibi pour évoquer un peu Bri-Bri, enfin je ne sais qui l’appelait ainsi
Sur la plage abandonnée
coquillages et crustacés
vie publique et Vie privée
mais où donc est La vérité?
Aura de liberté
la mariée fut souvent trop belle
Peur de personne en Harley-Davidson
ou en Bonnie Parker
Ses doubles initiales
se sont envolées
avec la fin de l’année
Toute une odyssée
« Et mon cinéma?
Tu l’aimes mon cinéma? »
à Cinecitta
Ta voix
Ton bandeau ta blondeur
ta perruque brune
Aplats de couleurs
en cas de malheurs
Capri Piccoli
Jaune peignoir canari
Bleu Méditérranéen
Rouge Alfa fatale du destin
Ocre villa aux marches infinies
Blancs intérieurs de l’appartement romain
Et bien planqués partout les paparazzis
Voyage en Italie
la terrasse du Mépris
Piccoli et son chapeau
Alfa et son Roméo
Et God’Art
Faut pas Charrier tout de même
Je t’aime moi non plus
Et Delerue au coin de la rue
Une lumière solaire s’est éclipsée
(mais depuis longtemps déjà
mit les voiles comme Greta)
On parle ici d’un temps d’antan
où Dieu créait Bardot
(novembre 1956)
Désolé car cela dépasse largement le film de Godard qui ne mérite pas ce dégât collatéral mais : puisque Garnier profite de ce lieu pour faire un éloge outrancier et indécent de Bardot, il faut bien un minimum de contrepoint… et donc rappeler qu’elle a toujours été raciste et homophobe (pas seulement à la fin de sa vie : elle a tenu des propos abominables dès le début de sa carrière), qu’elle incarnait tout au long de sa carrière une grande bourgeoisie d’ultra-droite (elle a toujours vécu dans l’opulence et sa famille l’a bien aidée à l’adolescence pour devenir une star), qu’elle affichait dès la fin des années 50 son compagnonage avec le futur fondateur du FN-RN et le futur fondateur de l’OAS. Même lorsqu’elle prétendait défendre les animaux, c’était avec un ignoble racisme explicite : elle disait clairement que les bâtards méritaient de croupir dans les fourrières et que seuls les chiens de race pure méritaient d’être sauvés et aimés (et elle parlait des chiens bâtards pour faire explicitement une analogie avec le métissage humain, cette interview était tout simplement insoutenable d’abjection crue et assumée). Je précise que tous les rappels que je fais ici s’appuient strictement et rigoureusement sur des faits vérifiables rapportés en leur temps par la presse et confirmés par son entourage.
Même sur un plan cinématographique : elle n’a jamais incarné une « libération féminine » puisqu’elle incarnait précisément et exclusivement un regard masculin sur la féminité. Tout ce que Garnier aime chez Bardot, c’est l’icône sexuelle construite par des hommes pour des hommes.
Son dernier commentaire, sans aucun recul sur la personne monstrueuse qu’a toujours été Bardot, et affichant ce regard malsain, me dépasse et me sidère.
Bravo à Garnier pour son texte rendant hommage à la sublime Brigitte Bardot et honte à Jacques C. pour son écrit relayant les propos ignobles tenus par les plus intolérants de nos politiques. Je me permets de lui rappeler que ce blog est dédié au cinéma, rien qu’au cinéma et que ces propos haineux relatifs aux idées d’une actrice qui vient de nous quitter n’ont pas leur place ici. Jacques C. , c’est votre commentaire qui est malsain et il me sidère, moi et sans doute d’autres. Bardot, « une personne monstrueuse »!!! On ne peut avoir que du MÉPRIS .
Un nouveau dérapage de Jacques C, qui aura au moins le mérite de démontrer une fois de plus que l’extrême gauchisme est bien une maladie mentale. Merci monsieur.