29 juin 2005

Le goût de la cerise (1997) de Abbas Kiarostami

Titre original : « Ta’m e guilass »

Gout_ceriseElle :
Film difficile d’abord sur le sens de la vie et de son droit à disposer de sa vie. La première partie du film est assez longue à se mettre en place. On la passe en compagnie d’un homme qui veut mourir et qui cherche en voiture tout terrain quelqu’un dans les collines qui lui ôtera la vie. Cet homme a creusé sa tombe et souhaite qu’on recouvre son corps de terre une fois qu’il aura pris des somnifères. Les scènes se passent à l’intérieur de sa voiture en compagnie d’un soldat, d’un religieux, d’un taxidermiste. Il faut parlementer pour convaincre et on a droit à d’incessants champs contre-champs. La deuxième partie est plus intéressante. Le discours du taxidermiste est simple et de bon sens. Il a lui a suffi de manger des mûres pour renoncer à son suicide. Les scènes d’extérieur avec la voiture qui chemine dans les collines recouvertes d’herbes dorées sont superbes. La fin est assez inattendue également. Je regrette que Kiarostami ait occulté complètement les raisons qui poussaient cet homme bien portant à vouloir se suicider. Il aurait été plus attachant.
Note : 3 étoiles

Lui :
Il faut un certain temps (une bonne moitié de film) pour se laisser gagner par l’atmosphère de ce film, ses métaphores nombreuses et ses plans répétitifs, si répétitifs qu’ils finissent par en devenir envoûtants. Les circonvolutions de la route pierreuse suivie par la voiture du personnage principal sont bien à l’image de ce film qui au final nous fournit une certaine vision de la vie, et d’ailleurs le réalisateur refuse d’aller jusqu’au bout: il nous laisse finir seul et prendre en main en quelque sorte le dénouement.
Note : 3 étoiles

Acteurs: Homayoun Ershadi
Voir la fiche du film et la filmographie de Abbas Kiarostami sur le site imdb.com.

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4 commentaires sur « Le goût de la cerise (1997) de Abbas Kiarostami »

  1. C’est un beau film, qui se mérite ! le début, dans cette voiture sur la route de montagne donne tout simplement mal au coeur !
    On retrouve ici le goût de Kiarostami (et d’autres réalisateurs iraniens) pour les répétitions : de scènes, de dialogue, de situation, comme dans « Où est la maison de mon ami », « Au travers des oliviers » etc…. Cela est sans doute culturel.

  2. Effectivement, c’est peut-être un peu culturel…
    Cela me rappelle cet autre film de Kiarostami « Le vent nous emportera » où le personnage principal devait monter en haut de la montagne pour pouvoir répondre à son téléphone…

    Combien de fois l’a t-on vu monter sur cette montagne…!? :-)))

  3. a mon avis trop de fois, ce gout de la répétition est peut etre culturelle, il n’en demeure pas moins qu’il pose le probleme du rythme au cinéma, on peut accumuler les symboles et les métaphores, il reste cependant vital de les intégrer dans une histoire, un plan au cinéma doit prendre sa signification sur deux grilles de lecture (la première representerait la trame de l’histoire et la seconde son intellectualisation)sans quoi on s’emmerde et on a le sentiment que le réalisateur céde à la facilité et à la prétention intellectuelle

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