17 mai 2016

Cartouche (1962) de Philippe de Broca

CartoucheA Paris, au début du XVIIIe siècle, le jeune Dominique s’affranchit de la tutelle du chef des voleurs et s’engage dans l’armée sous le nom de Cartouche. Avec deux compères La Douceur et La Taupe, il vole la paie de l’armée et rencontre la jeune et jolie Vénus… Produit par les producteurs de Fanfan la Tulipe, Cartouche est né de l’annulation d’un projet d’adaptation des Trois Mousquetaires (stoppé du fait de l’annonce de la version de Borderie). L’idée est avant tout de faire un grand divertissement et donc la vérité historique n’est pas recherchée : on fait de Cartouche un bandit au grand coeur qui ne vole que les riches et donne tout aux autres. C’est le premier gros budget pour Philippe de Broca qui apporte un style nouveau au film historique, à cheval entre le classicisme de Fanfan la Tulipe et les explorations de la Nouvelle Vague. Il apporte au genre du divertissement historique beaucoup de fantaisie et d’énergie même si on peut regretter que le scénario tourne finalement un peu en rond. La photographie de Christian Matras est de tout premier ordre tout comme le casting, très étoffé. Belmondo a mis un point d’honneur à effectuer toutes ses cascades, particularité qu’il conservera tout au long de sa carrière. Avec la rayonnante Claudia Cardinale, ils forment un couple particulièrement séduisant. Cartouche fut un très grand succès, qui allait marquer durablement la carrière de Philippe de Broca.
Elle:
Lui : 3 étoiles

Acteurs: Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale, Jess Hahn, Marcel Dalio, Jean Rochefort, Philippe Lemaire, Noël Roquevert, Odile Versois, Jacques Balutin, Pierre Repp
Voir la fiche du film et la filmographie de Philippe de Broca sur le site IMDB.

Voir les autres films de Philippe de Broca chroniqués sur ce blog…

Cartouche
Jean-Paul Belmondo et Claudia Cardinale dans Cartouche de Philippe de Broca.

3 réflexions sur « Cartouche (1962) de Philippe de Broca »

  1. Ah oui, c’est une belle fin, que l’on qualifier de tragique ou de mélancolique selon ses affinités, mais loin d’un classique happy-end hollywoodien… 😉

  2. confiné devant ma télé devant Cartouche de 1962, c’est pas si mal
    Le VOLEUR (un Belmondo ultérieur) ou Le BRIGAND BIEN AIME
    Ne cherchons pas trop l’approche du film historique puisque ce n’est pas ce que visaient les auteurs même s’ils s’appuient sur des textes, mais un divertissement grand spectacle réussi sur un mode picaresque comme Le Bossu ou Les trois mousquetaires qui font de ce voleur (des riches) enrôlé dans une bande style Cour des miracles où il n’est qu’un chien parmi d’autres à la solde d’un despote enrichi (Marcel Dalio) un chef de bande à son tour Les premières images montrent une main qui se faufile promptement dans l’art du vol. Il y a du Robin des Bois dans ce portrait
    Le rôle semble fait – il l’était – pour Jean Paul Belmondo qui caracole, ferrailleur et fier à bras dans la panoplie vestimentaire, la hardiesse, la fougue de ce Cartouche, nom qu’il s’invente, qui signe ses forfaits d’un grand C comme Zorro le fait d’un grand Z, avec comme devise « Vivre vite et heureux! »
    Il est escorté par ses deux lieutenants, l’imposante carrure de Jess Hahn (La Douceur) et la voix canaille envoûtante de Jean Rochefort (La Taupe), et d’une double présence féminine, l’inaccessible aristocratique épouse du chef de la police (la corsetée Odile Versois) et l’accorte voleuse sauvageonne amoureuse, sorte d’Esmeralda (Claudia Cardinale qui joue en français avec sa délicieuse voix voilée) « J’m’appelle Vénus , j’ai dix neuf ans / J’sais pas causer, j’ai des amants »
    « Amuse toi Dominique, ça empêche de mourir » lui recommande la belle
    Le plaisir des dialogues vifs, exquis, spirituels de Daniel Boulanger que les acteurs n’appuient pas
    Philippe de Broca signe un film enlevé, entraînant, plaisant qui dévoile dans la seconde partie une face plus sombre, émouvante
    Effectivement, au terme d’aventures bondissantes à rebondissements et à nombreux personnages intervient la plus brillante séquence du film – on devrait un jour mettre bout à bout et en boucles ces scènes finales qui font parfois le prix d’un film – lorsque Cartouche porte Vénus dans ses bras, l’allonge sur la table du banquet des nobles en train de se divertir et la pare de tous les bijoux arrachés comme un butin, fait de la nappe son linceul avant de l’installer à la lueur des flambeaux dans un carrosse d’or qui s’enfonce dans les eaux noires et miroitantes de l’étang sur la belle partition de Georges Delerue
    « Nous allons avoir des nuits froides
    – Et maintenant?
    – Je vais les faire sauter
    – Et après?
    – Dans les mains du bourreau
    – Oui, et que ça aille vite! »
    Dans la vraie vie Cartouche meurt en 1721 à 28 ans

    Devant le succès, l’équipe allait récidiver deux plus tard avec L’homme de Rio, diffusé il y a quelques jours

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