15 décembre 2004

Un film parlé (2003) de Manoel de Oliveira

Titre original : « Um filme falado »

Un film parlé Elle :
A la place d’un film, nous avons plutôt droit à un documentaire fiction sur l’histoire de l’humanité puisque nous accompagnons une professeur d’histoire et sa fille lors d’une croisière en Italie, en Grèce, en Egypte etc… On visite du pays et on apprend des choses sur les civilisations anciennes mais l’exercice est assez artificiel et ennuyeux. Cette charmante fillette écoute sans sourciller sa maman lui raconter l’histoire de ces peuples pendant des heures. Sur ce bateau, on y rencontre trois femmes mondaines mais solitaires et un capitaine dragueur qui palabrent pendant des heures pour ne rien dire sur le sens de la vie. On reste sur sa faim et la scène finale frise le ridicule.
Note : 2 étoiles

Lui :
Bigre, De Oliveira est de plus en plus difficile à suivre… Il nous propose ici une promenade touristico-éducative dans quelques villes chargées d’Histoire de notre civilisation, poursuit avec une conversation mondaine et lénifiante, parfaitement inintéressante et finit par un attentat destructeur qui arrive comme un cheveu sur la soupe (symbolisme léger…?). Bon… Quelle était la question, déjà ?
Note : 2 étoiles

Acteurs: Leonor Silveira, John Malkovich, Filipa de Almeida
Voir la fiche du film et la filmographie de Manoel de Oliveira sur le site IMDB.

Voir les autres films de Manoel de Oliveira chroniqués sur ce blog…

3 réflexions sur « Un film parlé (2003) de Manoel de Oliveira »

  1. Un film parlé

    Manuel de Oliveira, le plus vieux cinéaste encore en exercice, a commis en 2003 quatre vingt dix minutes de film simplifié à l’extrême, dont les personnages centraux sont une mère et une petite fille, et le thème on ne voit pas bien.
    L’économie de moyen est ici institutionnalisée, et même les acteurs professionnels jouent mal pour participer à l’ambiance réaliste chère au Bresson des dernières années.
    Nous avons donc une visite didactique des grands sites autour de la méditerranée dans le cadre d’une croisière, avec une petite fille adorable mais qui n’arrête pas de rebondir sur le dernier mot de sa la phrase de sa prof d’histoire de mère pour demander « c’est quoi », selon la bonne vielle technique des moutards qui cherchent l’information, l’attention et le coup de pied au cul.
    On finit par attendre qu’elle lui demande le dessin d’un mouton, et on cherche Paulo Cuelho parmi les figurants, mais il a du se contenter d’écrire les dialogues, emprunts d’une onctueuse mélasse panocccidentale.
    Une autre partie du film se déroule à la table du capitaine, pauvre Malkovitch perdu dans son uniforme de la gay pride, qui donne la réplique à trois stars de 65 ans parlant chacune dans leur langue mais tout le monde comprends le grec l’italien le français et l’anglais à la table, vivent les fondements de notre beau monde civilisé, d’ailleurs ils sont tous assis dessus.
    On remarque tout particulièrement Catherine Deneuve qui parle fort, s’enfile des cocktails au botox et officialise sa capacité à surjouer les personnages improbables et a réinventer le besoin de moulinet à baffes tristement inhérent à la nature humaine.
    On est gêné aux entournures lorsque le bateau franchit le canal de Suez, que les sorties, auparavant culturelles, se limitent au souk, et que tout cela fini en feu d’artifice terroriste ( on ne va pas s’enerver, les effets spèciaux sont réalisés à la bougie), dont les conséquences dramatiques sont provoquées par une poupée voilée.

    A force de chercher un message dans ce galimatias d’onctueuse guimauve bien pensante à 23 centimes d’euros, on se demande si l’artifice de la simplicité ne masque pas une grande prétention, et si les relations bonhommes de tous ces gens bien ne seraient pas l’écran de fumée, le masque d’une alerte, une mise en garde contre l’orient musulman pressenti comme menace.

    Que les chantres de la psychanalyse du travelling ne viennent pas inverser le problème ; non, ce film n’est pas le cri du cœur d’un amoureux des vielles pierres en quête de sagesse, ça ressemble plutôt au coassement rouillé d’un vieux réac qui préfère son frère à son cousin, mais qui préfère aussi Duras à Céline.

  2. On remarque tout particulièrement Catherine Deneuve qui parle fort, s’enfile des cocktails au botox et officialise sa capacité à surjouer les personnages improbables et a réinventer le besoin de moulinet à baffes tristement inhérent à la nature humaine.

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