14 juin 2005

Nosferatu le vampire (1922) de F.W. Murnau

Titre original : « Nosferatu, eine Symphonie des Grauens »

Nosferatu, eine Symphonie des GrauensNosferatu, eine Symphonie des GrauensElle : (pas vu)

Lui :
(Film muet) Adaptation non déclarée du roman Dracula de Bram Stoker, Nosferatu fait indéniablement partie des plus beaux films du cinéma muet. Rompant avec les habitudes de l’époque, Murnau choisit de le tourner en grande partie en extérieurs et en décors naturel, ce qui n’empêchera pas Nosferatu de devenir le fer de lance et le chef d’oeuvre de l’expressionnisme allemand. Vu 80 ans plus tard, le film conserve toute son intensité et reste fascinant, presque envoutant. Nosferatu le vampire La perfection des images et des éclairages de Murnau est évidente et certaines scènes restent gravées à jamais dans les mémoires, à commencer par la sinistre et effroyable silhouette de Nosferatu.

A l’époque, le film eut un grand succès auprès des surréalistes en Allemagne et en France. En revanche, le public anglais et américain le trouvèrent un peu ridicule, ce qui prête à sourire quand on pense au nombre incalculable de films hollywoodiens qui l’ont copié depuis.

NosferatuLa version récente de Nosferatu (appelée « Kino international edition », disponible actuellement en DVD) est une version restorée par L’immagine Ritrovata de Bologne. L’image a été très légèrement recadrée, la vitesse ajustée, la définition améliorée et le noir et blanc a été sensiblement coloré en bistre ou en bleu, selon les indications de l’époque. La bande son est une musique moderne composée par Gérard Hourbette et Thierry Zaboitzeff, interprétée par Art Zoyd. Cette musique electro-acoustique donne une nouvelle dimension au film en le prolongeant; elle colle parfaitement à l’image et il n’y que peu de hiatus entre son modernisme et l’âge du film.
Note : 5 étoiles

Acteurs: Max Schreck, Gustav von Wangenheim, Greta Schroeder
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10 février 2005

Aelita (1924) de Yakov Protazanov

Titre original : « Аэлита »
Autres titres : « Aelita, the Queen of Mars », « Revolt of the Robots »

Aelita Lui :
Ce film muet soviétique, tourné en 1924, est vraiment étonnant. Aelita est tout d’abord étonnant par son propos, puisque 4 ans avant Metropolis de Fritz Lang il crée un univers de science-fiction, une vision vraiment novatrice d’une civilisation martienne en utilisant des costumes et des décors inspirés du cubisme. Aelita est étonnant aussi par son message, subtil et complexe, puisque l’on peut y lire aussi bien un pamphlet anti-communiste dans la façon où il nous montre une Russie pleine de miséreux (1), Aelita qu’une propagande communiste dans cette dualité Mars capitaliste face à la Terre communiste. Au final, le film est vraiment prenant. La musique récemment rajoutée est quelquefois en décalage et aurait tendance à gêner un peu le récit. Aelita connut un gros succès en Union Soviétique.
Note : 4 étoiles

Acteurs: Yuliya Solntseva, Vera Orlova
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(1) On peut bien entendu objecter qu’en 1924, l’Union Soviétique sortait à peine de la guerre civile qui a ravagé son économie. Ceci dit, il s’agit ici d’une oeuvre d’anticipation et c’est en cela que la vision que Pritazanov donne de la Russie est assez terrible. Le réalisateur venait d’ailleurs de rentrer dans son pays… après s’être, dans un premier temps, exilé en France pour fuir la révolution. 
Aelita est la première grande production soviétique sous le contrôle total du cinéma mis en place par Lénine, précédent ainsi de très peu les grands films de propagande (La grève d’Eisenstein est également de 1924 mais les moyens mis en oeuvre étaient bien moindres que pour Potemkine l’année suivante).