1 septembre 2017

La Rose et la flèche (1976) de Richard Lester

Titre original : « Robin and Marian »

La Rose et la flècheAprès la mort du roi Richard Cœur de Lion au siège du château de Châlus-Chabrol (près de Limoges), Robin des Bois et son fidèle Petit-Jean rejoignent l’Angleterre. Ils sont heureux de retrouver leur forêt de Sherwood après vingt années de croisade et de batailles. Ils découvrent que Marianne est devenue religieuse. Elle est sur le point d’être expatriée à la suite des démêlés entre le roi et le pape. Robin s’oppose à son arrestation par le shérif de Nottingham… La Rose et la flèche est un très beau film sur la fin d’un personnage légendaire. Il ne faut surtout pas s’attendre à voir un film classique de cape et d’épée. Le film est en réalité assez difficile à décrire. Le ton général est très mélancolique, élégiaque, avec une touche d’humour. On peut y voir en filigrane une réflexion sur les idéaux, l’âge, la constance. Mais le plus remarquable, à mes yeux, est la sensibilité dont fait preuve Richard Lester et aussi la profondeur des deux personnages joués par Sean Connery et Audrey Hepburn. Les deux acteurs font une très belle interprétation, délicate, empreinte d’une grande humanité. Le final est étonnant par la façon dont Lester y place une scène d’amour qu’il semble avoir constamment repoussée. La Rose et la flèche est un film qui mériterait d’être plus connu.
Elle:
Lui : 4 étoiles

Acteurs: Sean Connery, Audrey Hepburn, Robert Shaw, Richard Harris, Nicol Williamson
Voir la fiche du film et la filmographie de Richard Lester sur le site IMDB.

Voir les autres films de Richard Lester chroniqués sur ce blog…

Remarques :
* Richard Lester a 44 ans au moment du tournage, c’est-à-dire l’âge de ses personnages.
* Audrey Hepburn fait ici son retour sur les écrans après neuf ans d’interruption pour élever ses enfants.

La Rose et la Flèche
Audrey Hepburn et Sean Connery dans La Rose et la flèche de Richard Lester.

3 réflexions sur « La Rose et la flèche (1976) de Richard Lester »

  1. Je n’ai pas grand chose à ajouter à votre très belle chronique (sauf que pour ma part, j’aurais mis 5 étoiles).

    Peut-être juste appuyer le tour de force de mettre en scène une longue bataille ultra-réaliste (je ne parle pas du duel final, mais de la fuite du château), avec escalades, combats à l’épée, etc., mais quasiment au ralenti ! En fait, c’est sans doute la bataille la plus réaliste que j’aie jamais vue dans un film de cape et d’épée : les héros sont vieillissants et mettent trois plombes à escalader la porte d’accès au château *, tandis que leurs adversaires sont des soldats ordinaires, mal entraînés et un peu patauds ce qui fait qu’ils n’en profitent pas. Toute cette scène est un extraordinaire pied-de-nez aux codes du film d’action, en supprimant tout le côté « surhumain » des héros habituels… et en parvenant finalement à un vrai combat haletant, épique, prenant. Rien que pour cette scène, ce film mérite d’être placé très haut dans l’histoire du cinéma. Et bien sûr, pour tout le reste, pour l’humanité, la sensibilité, l’humilité des situations et personnages, pour l’humour (très présent, je trouve, et confinant parfois au burlesque monty-pythonien), pour le sujet (retrouver des héros vieillissants, voir l’autre versant du mythe).

    C’est un peu « un autre moyen-âge », une vision désacralisée des héros de cape et d’épée (et même la cour de Richard-cœur-de-lion et celle de Jean-sans-terre, minimalistes, sont en fin de compte très réalistes, car elles ressemblaient sans doute bien plus à cela qu’aux fastes habituellement mis en scène), mais traité sans misérabilisme, sans pathos excessif, simplement, humblement, à hauteur humaine.

    Et puis il y a aussi et quand même une vraie dimension mythique et romanesque, celle d’un amour impossible, des destins incompatibles, de la contradiction entre la passion sincère et les personnalités divergentes, de l’amour au-delà de tout. Il y a aussi une dimension shakespearienne dans ces retrouvailles et leurs difficultés.

    Rarement un film m’a à la fois autant amusé, réjouis, touché, ému.

    * Cette lenteur inhabituelle crée un suspens formidable : il serait temps que les réalisateurs comprennent que ce n’est pas la rapidité brute et le « toujours plus vite, toujours plus fort » qui crée du suspens, mais l’équilibre des faits et des actions (ici, le fait que les deux lenteurs réalistes se combinent pour faire durer le suspens). Preuve est faite qu’un combat réaliste et lent entre personnages vieillissants peut être passionnant, prenant et brillant.

  2. Bonjour Jacques C,

    merci beaucoup pour votre commentaire très vrai. j’ai regardé ce film hier et je suis à 100% d’accord avec ce que vous écrivez. Un film qui mériterait davantage d’être connu ! et concernant les scènes du château et de combat il ne faut pas oublier non plus qu’à cette époque les armures et les armes étaient très lourdes donc oui on est dans le vrai et c’est ce qui se rapprocherait le plus des vrais combats d’époque. on en a marre des combats où les héros sautent comme des lapins…et 99% des films sont comme cela

  3. Vu hier soir. Tout à fait d’accord avec vous Jacques et Stéphanie… Mes deux acteurs préférés ensemble était la cerise sur le gâteau…

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